Les écrits de Jean-Paul II

 

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12. Mission de l’Église et liberté de l’homme
Dans cette union au plan de la mission, dont décide essentiellement le Christ lui-même, tous les chrétiens doivent découvrir ce qui les unit déjà, avant même que ne se réalise leur pleine communion. C’est là l’union apostolique et missionnaire, missionnaire et apostolique. Grâce à cette union, nous pouvons nous approcher ensemble du magnifique patrimoine de l’esprit humain, qui s’est manifesté dans toutes les religions, comme le dit la déclaration Nostra aetate du Concile Vatican II 73. Grâce à elle, nous abordons en même temps toutes les cultures, toutes les idéologies, tous les hommes de bonne volonté. Nous faisons cette approche avec l’estime, le respect et le discernement qui, depuis le temps des Apôtres, ont marqué l’attitude missionnaire et du missionnaire. Il suffit de rappeler saint Paul et, par exemple, son discours devant l’Aréopage d’Athènes 74. L’attitude missionnaire commence toujours par un sentiment de profonde estime face à «ce qu’il y a en tout homme» 75, pour ce que lui-même, au fond de son esprit, a élaboré au sujet des problèmes les plus profonds et les plus importants; il s’agit du respect pour tout ce que l’Esprit, qui «souffle où il veut» 76, a opéré en lui. La mission n’est jamais une destruction, mais elle est une reprise à son compte des valeurs et une nouvelle construction, même si dans la pratique on n’a pas toujours correspondu pleinement à un idéal aussi élevé. Quant à la conversion, qui doit prendre racine dans la mission, nous savons bien qu’elle est l’œuvre de la grâce, dans laquelle l’homme doit se retrouver pleinement lui-même. Lien vers le document

4 mars 1979 Ibidem

11. Le mystère du Christ à la base de la mission de l’Église et du christianisme
Jésus-Christ est le principe stable et le centre permanent de la mission que Dieu lui-même a confiée à l’homme. Nous devons tous participer à cette mission, nous devons concentrer sur elle toutes nos forces, car elle est plus que jamais nécessaire à l’humanité d’aujourd’hui.
Et si cette mission semble rencontrer à notre époque des oppositions plus grandes qu’en n’importe quel autre temps, cela montre qu’elle est encore plus nécessaire actuellement et _ malgré les oppositions _ plus attendue que jamais. Nous touchons indirectement ici le mystère de l’économie divine qui a uni le salut et la grâce à la croix. Ce n’est pas en vain que le Christ a dit: «Le royaume des cieux souffre violence et les violents s’en emparent» 70; et aussi: «Les fils de ce monde (…) sont plus habiles que les fils de lumière» 71. Nous acceptons volontiers ce reproche, pour ressembler à ces «violents pour Dieu» que nous avons vus tant de fois dans l’histoire de l’Église et que nous voyons encore aujourd’hui, pour nous unir consciemment dans la grande mission qui consiste à révéler le Christ au monde, à aider chaque homme à se retrouver lui-même en Lui, à aider les générations contemporaines de nos frères et sœurs, les peuples, les nations, les États, l’humanité, les pays non encore développés et les pays de l’opulence, en un mot aider tous les hommes à connaître «l’insondable richesse du Christ» 72, parce qu’elle est destinée à tout homme et constitue le bien de chacun. Lien vers le document

4 mars 1979 Ibidem

Un des devoirs de l’Église est de mettre en œuvre son enseignement; il s’agit là d’un thème qu’il nous faudra, c’est certain, approfondir encore dans une réflexion commune et qui devra faire l’objet de nombreuses décisions ultérieures, en esprit de collégialité pastorale, en tenant compte des diverses traditions existant à ce sujet et des diverses circonstances de la vie des hommes de notre temps. Cependant il est certain que l’Église du nouvel Avent, l’Église qui se prépare continuellement à la nouvelle venue du Seigneur, doit être l’Église de l’Eucharistie et de la Pénitence. C’est seulement sous cet angle spirituel de sa vitalité et de son activité qu’elle est l’Église de la mission divine, l’Église in statu missionis, en état de mission, telle que le Concile Vatican II nous en a révélé le visage.  Lien vers le document

8 août 1979                JEAN-PAUL II AUDIENCE GÉNÉRALE Place Saint-Pierre

Je me suis efforcé de développer cette pensée la semaine dernière, en me concentrant surtout sur cette chose importante qu’est la transformation de l’Église, à partir de la nouvelle lecture des signes des temps faite par le IIe Concile du Vatican. Jean XXIII appelait habituellement cette transformation « aggiornamento ». Mais Paul VI a consacré toutes les quinze années de son difficile pontificat à ce grand processus que le « Pape de la bonté » n’avait fait qu’inaugurer.
Cet « aggiornamento », ce renouveau, cette « transformation » furent dictés par une profonde connaissance de la nature de l’Église et par l’amour de sa mission de salut. Sur l’initiative du Pape Jean, et ensuite sous la conduite du Pape Paul, l’Église s’est adaptée aux tâches inhérentes à sa mission à l’égard de l’homme d’aujourd’hui, la famille humaine à laquelle elle a été envoyée. Le sens le plus profond de l’ « aggiornamento » est strictement évangélique. Il vient de la volonté de servir, en suivant le Christ, de la volonté de servir Dieu dans les hommes, de servir l’homme. Le service s’identifie avec la mission, redécouverte dans la mission de salut du Christ.  Lien vers le document.

 2. L’Église a reçu cette même mission du Christ : cultiver un amour profond, une vénération profonde pour la vérité et harmoniser avec la foi les découvertes de la science et de la sagesse humaine — en toute chose pour porter témoignage à la vérité. Dans tous les siècles et dans tous les pays, l’Église réalise cette mission, dans la confiance que si Dieu est la source suprême de toute vérité, il ne peut y avoir d’opposition entre la sagesse naturelle et les vérités de la foi.
Tous les fidèles, chers frères et sœurs, ont un rôle à jouer dans la mission de l’Église en faveur de la vérité. C’est la raison pour laquelle j’ai déclaré dans mon Encyclique que « la responsabilité de l’Église envers la vérité divine se trouve partagée par tous, toujours davantage, et de bien des manières. Et que dire ici des spécialistes des diverses disciplines scientifiques, des littéraires, des médecins, des juristes, des artistes et des techniciens, des enseignants de tous niveaux et de toutes spécialités ? Tous, en tant que membres du peuple de Dieu, ils ont leur rôle propre dans la mission prophétique du Christ, dans son service de la vérité divine» (Redemptor Hominis, 19). À l’intérieur de la communion des fidèles, et en particulier à l’intérieur de la communauté chrétienne locale, une particulière attention doit être portée à cette responsabilité de porter témoignage à la vérité. Lien vers le document.

7 mai 1980 Ibidem

4. Lorsque Pilate a demandé à Jésus s’il était roi, sa réponse a été claire et sans ambiguïté : « Ma royauté n’est pas de ce monde » (Jn 18, 36). Le Christ est venu apporter la vie et le salut à tout homme : sa mission n’était pas d’ordre social, économique ou politique. De même le Christ n’a pas donné à l’Église une mission qui serait sociale, économique ou politique ; mais plutôt une mission religieuse (cf. Gaudium et Spes, 42). Pourtant ce serait une erreur de penser que le chrétien individuel ne doit pas être engagé dans ces secteurs de la vie sociale. Sur ce point, les Pères de Vatican II ont été très clairs : « Ce divorce entre la foi dont ils se réclament et le comportement quotidien d’un grand nombre est à compter parmi les plus graves erreurs de notre temps… En manquant à ses obligations terrestres, le chrétien manque à ses obligations envers le prochain, bien plus envers Dieu lui-même, et il met en danger son salut éternel » (Gaudium et Spes, 43).
Et c’est pourquoi les chrétiens, et tout particulièrement vous qui êtes des laïcs, sont appelés par Dieu à s’engager dans le monde de manière à le transformer selon l’Évangile. En menant à bien cette tâche, votre engagement personnel envers la vérité et l’honnêteté jouent un rôle important, parce que le sens des responsabilités à l’égard de la vérité est l’un des points fondamentaux de rencontre entre l’Église et la société, entre l’Église et chaque homme et chaque femme (cf. Redemptor Hominis, 19). La foi chrétienne ne vous apporte pas des solutions toutes faites aux problèmes complexes de la société contemporaine. Mais elle vous donne une intelligence profonde de la nature de l’homme et de ses besoins en vous invitant à dire la vérité dans l’amour, à prendre vos responsabilités en tant que bons citoyens et à travailler avec vos voisins pour construire une société où les véritables valeurs humaines sont approfondies par une vision chrétienne de la vie qui soit partagée.  Lien vers le document.

1. Pour une Église missionnaire
La Journée mondiale des missions est l’occasion par excellence pour une prise de conscience générale du devoir missionnaire, et pour rappeler à tous les membres de l’Église, quelle que soit leur fonction ou leur place, que ce devoir s’adresse à eux. Tous doivent méditer les textes vigoureux du Concile Vatican II, où l’on affirme que l’Église tout entière est missionnaire, que l’œuvre d’évangélisation est le devoir fondamental du Peuple de Dieu (Ad gentes, n° 35) et qu’à tout disciple du Christ incombe sa part dans la tâche de répandre la foi (Lumen gentium, n° 17). Il faut reprendre sans cesse l’enseignement du Concile, tel qu’il est exprimé dans tant de ses documents, tel qu’il a été approfondi par le Synode des évêques de 1974, et dont le Pape Paul VI a fait la synthèse dans son Exhortation apostolique Evangelii nuntiandi en date du 8 décembre 1975.  Lien vers le document.

7 juin 1981 Ibidem

Les jeunes Églises, qui, à leur tour, sont devenues missionnaires, font preuve de leur maturité dans la foi. Elles ont compris qu’une Église particulière qui n’est pas missionnaire  n’est pas pleinement catholique. En effet, si l’Église tout entière est missionnaire, les Églises particulières doivent l’être également : elles sont formées à l’image de l’Église universelle. C’est en elles et à partir d’elles qu’existe l’Église une et unique (Lumen gentium, n° 23). Une Église fermée sur elle-même, sans ouverture missionnaire, est une Église inachevée ou une Église malade. L’exemple de l’éveil missionnaire dans les jeunes Églises peut rappeler cette vérité aux Églises anciennes qui, après avoir développé une effort admirable, semblent souvent se laisser aller au découragement et au doute quant à leur devoir missionnaire.  Lien vers le document.

De nos jours, dans une effusion renouvelée de l’Esprit de la Pentecôte, arrivée avec le Concile Vatican II, l’Église a vu mûrir en elle un sentiment plus vif de son caractère missionnaire et, dans un mouvement d’obéissance généreuse, elle a de nouveau écouté la voix du Seigneur qui l’envoie dans le monde comme «le sacrement universel du salut»(1).
Allez, vous aussi. L’appel ne s’adresse pas seulement aux Pasteurs, aux prêtres, aux religieux et aux religieuses; il s’étend à tous: les fidèles laïcs, eux aussi, sont appelés personnellement par le Seigneur, de qui ils reçoivent une mission pour l’Église et pour le monde. Saint Grégoire le Grand le rappelle, lorsque, prêchant au peuple chrétien, il commente la parabole des ouvriers de la vigne: «Examinez donc un peu, mes frères, votre mode de vie, et vérifiez bien si déjà vous êtes des ouvriers du Seigneur. Que chacun juge ce qu’il fait et se rende compte s’il travaille dans la vigne du Seigneur»(2).  Lien vers le document.

30 déc. 1988 Ibidem

Il faut donc regarder en face ce monde qui est le nôtre, avec ses valeurs et ses problèmes, ses soucis et ses espoirs, ses conquêtes et ses échecs: un monde dont les conditions économiques, sociales, politiques et culturelles présentent des problèmes et des difficultés encore plus graves que celles décrites par le Concile dans la Constitution pastorale Gaudium et spes(7). De toute manière, c’est là la vigne, c’est là le terrain sur lequel les fidèles laïcs sont appelés à vivre leur mission. Jésus veut pour eux, comme pour tous ses disciples, qu’ils soient le sel de la terre et la lumière du monde (cf. Mt 5, 13-14).  Lien vers le document.

30 déc. 1988 Ibidem

Le Concile Vatican II, reprenant les différentes images bibliques qui éclairent le mystère de l’Église, propose de nouveau l’image de la vigne et des sarments: «La vigne véritable, c’est le Christ; c’est Lui qui donne vie et fécondité aux rameaux que nous sommes: par l’Église nous demeurons en Lui, sans qui nous ne pouvons rien faire (Jn 15, 1-5)»(12). C’est l’Église ellemême, donc, qui est le vignoble évangélique.
Elle est mystère parce que l’amour et la vie du Père, du Fils et de l’Esprit Saint sont le don absolument gratuit offert à tous ceux qui sont nés de l’eau et de l’Esprit (cf. Jn 3, 5), appelés à vivre la communion même de Dieu, à la manifester et à la communiquer dans l’histoire (mission): «En ce jour, dit Jésus, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous» (Jn 14, 20).
Désormais, c’est seulement à l’intérieur du mystère de l’Église comme mystère de communion que se révèle «l’identité» des fidèles laïcs, leur dignité originelle. Et c’est seulement à l’intérieur de cette dignité que peuvent se définir leur vocation et leur mission dans l’Église et dans le monde.  Lien vers le document.

Que les religieux se gardent de considérer leur institut comme une île parmi d’autres communautés ecclésiales: qu’ils développent au contraire un vrai sens de l’Église!
9. Ce sens de l’Église consiste à avoir conscience d’appartenir à un peuple en marche, à un peuple qui a son origine dans la communion trinitaire et se reconnaît comme le Corps du Christ; un peuple qui s’enracine dans une histoire, s’appuie sur le fondement des Apôtres et sur le ministère de leurs successeurs. Un peuple qui s’ouvre à la Parole de Dieu par le canal de l’Ecriture et de la Tradition; qui aspire à l’unité visible avec les autres communautés chrétiennes; un peuple missionnaire enfin, qui n’a de cesse que l’Évangile soit annoncé partout.  Lien vers le document.

 7 déc. 1990
REDEMPTORIS
MISSIO

LETTRE ENCYCLIQUE REDEMPTORIS MISSIO DU SOUVERAIN PONTIFE           JEAN-PAUL II
SUR LA VALEUR PERMANENTE DU PRÉCEPTE MISSIONNAIRE
Quelques extraits ci-dessous.

 7 déc. 1990 Ibidem

Je ressens impérieusement le devoir de répéter ce cri de saint Paul, au nom de toute l’Église. Dès le début de mon pontificat, j’ai choisi de voyager jusqu’aux extrémités de la terre pour manifester ce zèle missionnaire; et, précisément, le contact direct avec les peuples qui ignorent le Christ m’a convaincu davantage encore de l’urgence de l’activité missionnaire à laquelle je consacre la présente encyclique.
Le deuxième Concile du Vatican a voulu renouveler la vie et l’activité de l’Église en fonction des besoins du monde contemporain; il en a souligné le caractère missionnaire en le fondant de manière dynamique sur la mission trinitaire elle-même. L’élan missionnaire appartient donc à la nature intime de la vie chrétienne et il inspire aussi l’œcuménisme: «Que tous soient un … afin que le monde croie que tu m’as envoyé» (Jn 17, 21).  Lien vers le document.

2. Les fruits missionnaires du Concile sont déjà abondants: les Églises locales se sont multipliées, avec leurs évêques, leur clergé et leur personnel apostolique; on constate une insertion plus profonde des communautés chrétiennes dans la vie des peuples, la communion entre les Églises entraîne un échange intense de biens spirituels et de dons; l’engagement des laïcs dans l’évangélisation est en train de modifier la vie ecclésiale; les Églises particulières s’ouvrent à la rencontre, au dialogue et à la collaboration avec les membres d’autres Églises chrétiennes et d’autres religions. Et surtout, une conscience nouvelle s’affirme, à savoir que la mission concerne tous les chrétiens, tous les diocèses et toutes les paroisses, toutes les institutions et toutes les associations ecclésiales.   Lien vers le document.

Cependant, en ce «nouveau printemps» du christianisme, on ne peut taire une tendance négative que ce document désire contribuer à surmonter: il semble que la mission spécifique ad gentes devienne moins active, ce qui ne va assurément pas dans le sens des directives du Concile et de l’enseignement ultérieur du Magistère. Des difficultés internes et externes ont affaibli l’élan missionnaire de l’Église à l’égard des non-chrétiens, et c’est là un fait qui doit inquiéter tous ceux qui croient au Christ. Dans l’histoire de l’Église, en effet, le dynamisme missionnaire a toujours été un signe de vitalité, de même que son affaiblissement est le signe d’une crise de la foi1.
Vingt-cinq ans après la conclusion du Concile et la publication du décret Ad gentes sur l’activité missionnaire, quinze ans après l’exhortation apostolique Evangelii nuntiandi du Pape Paul VI, je voudrais inviter l’Église à renouveler son engagement missionnaire, poursuivant ainsi l’enseignement de mes prédécesseurs à ce sujet. Le présent document a un objectif d’ordre interne: le renouveau de la foi et de la vie chrétienne. En effet, la mission renouvelle l’Église, renforce la foi et l’identité chrétienne, donne un regain d’enthousiasme et des motivations nouvelles. La foi s’affermit lorsqu’on la donne! La nouvelle évangélisation des peuples chrétiens trouvera inspiration et soutien dans l’engagement pour la mission universelle. Mais ce qui me pousse plus encore à proclamer l’urgence de l’évangélisation missionnaire, c’est qu’elle constitue le premier service que l’Église peut rendre à tout homme et à l’humanité entière dans le monde actuel, lequel connaît des conquêtes admirables mais semble avoir perdu le sens des réalités ultimes et de son existence même.  Lien vers le document.

7 déc. 1990 Ibidem

Il ne manque pas d’autres motivations et d’autres objectifs: répondre aux nombreuses requêtes d’un document de cette nature; dissiper les doutes et les ambigüités au sujet de la mission ad gentes, en confirmant dans leurs engagements nos frères et sœurs méritants qui se consacrent à l’activité missionnaire ainsi que tous ceux qui les aident ; promouvoir les vocations missionnaires; encourager les théologiens à approfondir et à exposer systématiquement les divers aspects de la mission; relancer la mission de manière spécifique, en engageant les Églises particulières, spécialement les jeunes Églises, à envoyer et à recevoir des missionnaires; assurer les non-chrétiens et, en particulier, les pouvoirs publics des pays vers lesquels s’oriente l’activité missionnaire, que celle-ci a pour fin unique de servir l’homme en lui révélant l’amour de Dieu qui s’est manifesté en Jésus Christ.
3. Vous tous les peuples, ouvrez les portes au Christ! Son Evangile n’enlève rien à la liberté de l’homme, au respect dû aux cultures, à ce qui est bon en toute religion. En accueillant le Christ, vous vous ouvrez à la Parole définitive de Dieu, à Celui en qui Dieu s’est pleinement
fait connaître et en qui il nous a montré la voie pour aller à Lui.
Le nombre de ceux qui ignorent le Christ et ne font pas partie de l’Église augmente continuellement, et même il a presque doublé depuis la fin du Concile. À l’égard de ce nombre immense d’hommes que le Père aime et pour qui il a envoyé son Fils, l’urgence de la mission est évidente.  Lien vers le document.

La révélation de Dieu devient, par son Fils unique, définitive et achevée: « Après avoir, à maintes reprises et sous maintes formes, parlé jadis aux Pères par les prophètes, Dieu, en ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par le Fils qu’il a établi héritier de toutes choses, par qui aussi il a fait les siècles» (He 1, 1-2; cf. Jn 14, 6). Dans cette Parole définitive de sa révélation, Dieu s’est fait connaître en plénitude: il a dit à l’humanité qui il est. Et cette révélation définitive que Dieu fait de lui-même est la raison fondamentale pour laquelle l’Église est missionnaire par sa nature. Elle ne peut pas ne pas proclamer l’Evangile, c’està-dire la plénitude de la vérité que Dieu nous a fait connaître sur lui-même.

À la question pourquoi la mission?, nous répondons, grâce à la foi et à l’expérience de l’Église, que la véritable libération, c’est s’ouvrir à l’amour du Christ. En lui, et en lui seulement, nous sommes libérés de toute aliénation et de tout égarement, de la soumission au pouvoir du péché et de la mort. Le Christ est véritablement «notre paix» (Ep 2, 14), et «l’amour du Christ nous presse» (2 Co 5, 14), donnant à notre vie son sens et sa joie. La mission est un problème de foi; elle est précisément la mesure de notre foi en Jésus Christ et en son amour pour nous.

Certes, l’Église n’est pas à elle-même sa propre fin, car elle est ordonnée au Royaume de Dieu dont elle est germe, signe et instrument. Mais, alors qu’elle est distincte du Christ et du Royaume, l’Église est unie indissolublement à l’un et à l’autre. Le Christ a doté l’Église, son corps, de la plénitude des biens et des moyens de salut; l’Esprit Saint demeure en elle, la vivifie de ses dons et de ses charismes, il la sanctifie, la guide et la renouvelle sans cesse. Il en résulte une relation singulière et unique qui, sans exclure l’action du Christ et de l’Esprit Saint hors des limites visibles de l’Église, confère à celle-ci un rôle spécifique et nécessaire. D’où aussi le lien spécial de l’Église avec le Royaume de Dieu et du Christ qu’elle a «la mission d’annoncer et d’instaurer dans toutes les nations».   Lien vers le document.

7 déc. 1990 Ibidem

Les multiples perspectives du Royaume de Dieu29 n’affaiblissent pas les fondements et les finalités de l’activité missionnaire, elles les renforcent plutôt et les élargissent. L’Église est sacrement du salut pour toute l’humanité et son action ne se limite pas à ceux qui acceptent son message. Elle est force dynamique sur le chemin de l’humanité vers le Règne eschatologique, elle est signe et promotrice des valeurs évangéliques parmi les hommes. L’Église contribue à ce chemin de conversion au projet de Dieu par son témoignage et par ses activités, comme le dialogue, la promotion humaine, l’engagement pour la justice et la paix, l’éducation et le soin des malades, l’assistance aux pauvres et aux petits, s’en tenant toujours fermement au primat de la transcendance et de la spiritualité, prémices du salut eschatologique.
L’Église est enfin au service du Royaume par son intercession, car le Royaume est de soi don et œuvre de Dieu, comme le rappellent les paraboles évangéliques et la prière que Jésus nous a enseignée. Nous devons le demander, l’accueillir, le faire grandir en nous; mais nous devons aussi travailler pour qu’il soit accueilli par les hommes et grandisse parmi eux, jusqu’au jour où le Christ « remettra la royauté à Dieu le Père» et où «Dieu sera tout en tous» (cf. 1 Co 15, 24. 28).

L’Esprit rend toute l’Église missionnaire
L’un des objectifs centraux de la mission, en effet, est de réunir le peuple pour écouter l’Évangile, pour la communion fraternelle, pour la prière et l’Eucharistie. Vivre la «communion fraternelle» (koinonia), cela signifie n’avoir «qu’un cœur et qu’une âme» (Ac 4, 32), en instaurant la communion à tous les points de vue: humain, spirituel et matériel. De fait, la vraie communauté chrétienne s’engage à distribuer les biens terrestres pour qu’il n’y ait pas d’indigents et pour que tous puissent avoir accès à ces biens «selon les besoins de chacun» (Ac 2, 45; 4, 35). Les premières communautés, où régnaient «l’allégresse et la simplicité de cœur» (Ac 2, 46), étaient dynamiques, ouvertes et missionnaires: elles «avaient la faveur de tout le peuple» (Ac 2, 47). Avant même d’être une action, la mission est un témoignage et un rayonnement. Lien vers le document.

L’action missionnaire n’en est qu’à ses débuts
30. Notre époque, alors que l’humanité est en mouvement et en recherche, exige une impulsion nouvelle dans l’action missionnaire de l’Église. Les horizons et les possibilités de la mission s’étendent et, nous les chrétiens, nous sommes appelés au courage apostolique, fondé sur la confiance dans l’Esprit. C’est lui le protagoniste de la mission!
Dans l’histoire de l’humanité, de nombreux tournants marquants ont stimulé le dynamisme missionnaire, et l’Église, guidée par l’Esprit, y a toujours répondu avec générosité et prévoyance. Et les fruits n’ont pas manqué. On a célébré récemment le millénaire de l’évangélisation de la Rus’ et des peuples slaves, tandis qu’on s’achemine vers la célébration du cinq centième anniversaire de l’évangélisation des Amériques. On a aussi célébré récemment le centenaire des premières missions de plusieurs pays d’Asie, d’Afrique et d’Océanie. L’Église doit affronter aujourd’hui de autres défis, en avançant vers de nouvelles frontières tant pour la première mission ad gentes que pour la nouvelle évangélisation de peuples qui ont déjà reçu l’annonce du Christ. Il est aujourd’hui demandé à tous les chrétiens, aux Églises particulières et à l’Église universelle le même courage que celui qui animait les missionnaires du passé, la même disponibilité à écouter la voix de l’Esprit.

31. Le Seigneur Jésus a envoyé ses Apôtres à toutes les personnes, à tous les peuples et en tous lieux de la terre. Dans la personne des Apôtres, l’Église a reçu une mission universelle, qui ne connaît pas de limites et concerne le salut dans toute sa richesse selon la plénitude de vie que le Christ est venu nous apporter (cf. Jn 10, 10): elle a été «envoyée pour révéler et communiquer l’amour de Dieu à tous les hommes et à tous les peuples de la terre». Cette mission est unique, car elle a une seule origine et une seule finalité, mais elle comporte des tâches et des activités diverses. Tout d’abord, il y a l’activité missionnaire que nous appelons la mission ad gentes, par allusion au décret conciliaire; il s’agit d’une activité primordiale de l’Église, une activité essentielle et jamais achevée. En effet, l’Église «ne peut esquiver la mission permanente qui est celle de porter l’Evangile à tous ceux—et ils sont des millions et des millions d’hommes et de femmes—qui ne connaissent pas encore le Christ rédempteur de l’homme. C’est la tâche la plus spécifiquement missionnaire que Jésus ait confiée et confie de nouveau chaque jour à son Église». Lien vers le document.

7 déc. 1990 Ibidem

Au cours des temps modernes, l’activité missionnaire s’est surtout déroulée dans des régions isolées, éloignées des centres civilisés et inaccessibles par suite des difficultés de communication, de langue, de climat. Aujourd’hui, l’image de la mission ad gentes est peut-être en train de changer: ses lieux privilégiés devraient être les grandes cités où apparaissent des mœurs nouvelles et de nouveaux modèles de vie, de nouvelles formes de culture et de communication qui, ensuite, influent sur l’ensemble de la population. Il est vrai que le «choix des plus petits» doit conduire à ne pas ignorer les groupes humains les plus marginaux ou les plus isolés, mais il n’en est pas moins vrai que l’on ne peut évangéliser les personnes ou les petits groupes en négligeant les centres où naît, pour ainsi dire, une humanité nouvelle avec de nouveaux modèles de développement. L’avenir des jeunes nations est en train de se forger dans les villes.

39. Toutes les formes de l’activité missionnaire sont marquées par la conscience que l’on favorise la liberté de l’homme en lui annonçant Jésus Christ. L’Église doit être fidèle au Christ, dont elle est le corps et dont elle poursuit la mission. Il est nécessaire qu’elle « suive la même route que le Christ, la route de la pauvreté, de l’obéissance, du service et de l’immolation de soi jusqu’à la mort, dont il est sorti victorieux par sa résurrection»63.
L’Église doit donc tout faire pour déployer sa mission dans le monde et atteindre tous les peuples; elle en a aussi le droit, qui lui a été donné par Dieu pour la mise en œuvre de son plan. La liberté religieuse, parfois encore limitée ou restreinte, est la condition et la garantie de toutes les libertés qui fondent le bien commun des personnes et des peuples. Il faut souhaiter que la véritable liberté religieuse soit accordée à tous en tout lieu, et l’Église s’y emploie dans les différents pays, surtout dans les pays à majorité catholique où elle a une plus grande influence. Cependant, il ne s’agit pas d’une question de religion de la majorité ou de la minorité, mais bien d’un droit inaliénable de toute personne humaine.
D’autre part, l’Église s’adresse à l’homme dans l’entier respect de sa liberté 64: la mission ne restreint pas la liberté, mais elle la favorise. L’Église propose, elle n’impose rien: elle respecte les personnes et les cultures, et elle s’arrête devant l’autel de la conscience. A ceux qui s’opposent, sous les prétextes les plus variés, à son activité missionnaire, l’Église répète: Ouvrez les portes au Christ! Lien vers le document.

72. Les domaines où les laïcs sont présents et exercent une action missionnaire sont très étendus. Le premier de ces domaines, « c’est le monde vaste et complexe de la politique, de la vie sociale, de l’économie…»152, sur le plan local, national et international. À l’intérieur de l’Église, on trouve divers types de services, de fonctions, de ministères et de formes d’animation de la vie chrétienne. Je rappelle, comme une nouveauté que nombre d’Églises ont vu naître ces derniers temps, le grand développement des « Mouvements ecclésiaux », doués de dynamisme missionnaire. Lorsqu’ils s’insèrent avec humilité dans la vie des Églises locales et qu’ils sont accueillis cordialement par les évêques et les prêtres dans les structures diocésaines et paroissiales, les Mouvements représentent un véritable don de Dieu pour la nouvelle évangélisation et pour l’activité missionnaire proprement dite.
Je recommande donc qu’on les développe et que l’on recourt à eux pour redonner de la vigueur surtout chez les jeunes, à la vie chrétienne et à l’évangélisation, dans une vision pluraliste des formes d’association et d’expression.
Dans l’activité missionnaire, il faut valoriser les diverses façons dont se présente le laïcat, tout en respectant la nature et la finalité de chacune: associations du laïcat missionnaire,organismes chrétiens de volontariat international, mouvements ecclésiaux, groupes et associations de tout genre doivent s’engager dans la mission ad gentes et dans la collaboration avec les Églises locales. Ainsi sera favorisée la croissance d’un laïcat mûr et responsable dont « la formation […] a sa place dans les jeunes Églises comme élément essentiel et irremplaçable de l’implantation de l’Église »Lien vers le document.

3. Au Concile Vatican II, l’Église catholique s’est engagée de manière irréversible à prendre la voie de la recherche oecuménique, se mettant ainsi à l’écoute de l’Esprit du Seigneur qui apprend à lire attentivement les « signes des temps ». Les expériences qu’elle a vécues au cours de ces années et qu’elle continue à vivre l’éclairent plus profondément encore sur son identité et sur sa mission dans l’histoire. L’Église catholique reconnaît et confesse les faiblesses de ses fils, consciente que leurs péchés constituent autant de trahisons et d’obstacles à la réalisation du dessein du Sauveur. Se sentant appelée constamment au renouveau évangélique, elle ne cesse donc pas de faire pénitence. En même temps, cependant, elle reconnaît et elle exalte encore plus la puissance du Seigneur qui, l’ayant comblée du don de la sainteté, l’attire et la conforme à sa Passion et à sa Résurrection. Instruite par les multiples événements de son histoire, l’Église a le devoir de se libérer de tout soutien seulement humain, pour vivre en profondeur la loi évangélique des Béatitudes. Ayant conscience que « la vérité ne s’impose pas autrement que par la force de la vérité elle-même qui pénètre l’esprit avec douceur en même temps qu’avec puissance », elle ne demande rien pour elle-même, si ce n’est la liberté d’annoncer l’Évangile. Son autorité, en effet, s’exerce au service de la vérité et de la charité.  Lien vers le document.

25 mai 1995 Ibidem

Le dessein de Dieu et la communion

5. Avec tous les disciples du Christ, l’Église catholique fonde sur le plan de Dieu son engagement oecuménique de les rassembler tous dans l’unité. En effet, « l’Église est une réalité non pas repliée sur elle-même, mais plutôt ouverte de manière permanente à la dynamique missionnaire et oecuménique, puisqu’elle est envoyée au monde pour annoncer et témoigner, actualiser et diffuser le mystère de communion qui la constitue: rassembler tout et tous dans le Christ; être pour tous sacrement inséparable d’unité ». 4  Lien vers le document.

25 mai 1995 Ibidem

La prière « oecuménique » est au service de la mission chrétienne et de sa crédibilité. C’est pourquoi elle doit être particulièrement présente dans la vie de l’Église et dans toutes les activités qui ont pour but de favoriser l’unité des chrétiens. C’est comme si nous devions toujours retourner au Cénacle du Jeudi saint pour nous réunir, bien que notre présence commune en ce lieu doive attendre encore sa réalisation parfaite, jusqu’au moment où, les obstacles opposés à la parfaite communion ecclésiale étant surmontés, tous les chrétiens se réuniront dans l’unique célébration de l’Eucharistie. 44  Lien vers le document.

25 mai 1995 Ibidem

La solidarité dans le service de l’humanité

43. Il arrive de plus en plus souvent que les responsables des Communautés chrétiennes prennent position ensemble, au nom du Christ, sur des problèmes importants qui touchent la vocation humaine, la liberté, la justice, la paix, l’avenir du monde. Ce faisant, ils « agissent en commun » pour une des fonctions constitutives de la mission chrétienne: rappeler à la société, d’une manière qui sache être réaliste, la volonté de Dieu, mettant en garde les autorités et les citoyens, afin qu’ils ne s’engagent pas dans la voie qui conduirait à piétiner les droits humains. Il est clair, et l’expérience le prouve, que dans certaines circonstances la voix commune des chrétiens a plus d’influence qu’une voix isolée.  Lien vers le document.

6. Certes, tous ne sont pas appelés à partir pour les Missions: « on est missionnaire avant tout par ce que l’on est, avant de l’être par ce que l’on dit ou par ce que l’on fait » (Encyclique Redemptoris Missio, 23). Ce qui est déterminant n’est pas le « où », mais le « comment ». On peut être des apôtres authentiques, et de la manière la plus féconde, même dans les murs de sa maison, sur son lieu de travail, dans un lit d’hôpital, dans la clôture d’un couvent…: ce qui compte, c’est que le coeur brûle de cette charité divine qui – seule –, peut transformer en lumière, en feu et en vie nouvelle pour le Corps Mystique tout entier, jusqu’aux confins de la terre, non seulement les souffrances physiques et morales, mais aussi la fatigue elle-même de la routine quotidienne.

7. Très chers Frères et Soeurs, je souhaite de tout coeur que, au seuil du nouveau Millénaire, l’Église tout entière fasse preuve d’un nouvel élan d’engagement missionnaire. Que chaque baptisé fasse sien et cherche à vivre du mieux qu’il peut, selon sa situation personnelle, le programme de la sainte Patronne des Missions: « Dans le coeur de l’Église, ma Mère, je serai l’amour… et ainsi je serait tout ».  Lien vers le document.

Chers jeunes, l’Église a confiance en vous. Elle compte sur vous pour être les témoins du Ressuscité par toute votre vie. Vous allez maintenant rejoindre les lieux des différentes veillées. De manière festive ou dans la méditation, tournez votre regard vers le Christ, pour pénétrer le sens du message divin et pour trouver la force pour la mission que le Seigneur vous confie dans le monde, que ce soit dans un engagement de laïc ou dans la vie consacrée. En relisant aussi votre existence quotidienne avec lucidité et espérance, mais sans amertume ou découragement, en partageant vos expériences, vous percevrez la présence de Dieu, qui vous accompagne avec délicatesse. À la lumière de la vie des saints et d’autres témoins de l’Évangile, aidez-vous les uns les autres à affermir votre foi et à être les apôtres de l’an 2000, rappelant au monde que le Seigneur nous invite à sa joie et que le véritable bonheur consiste à se donner par amour pour ses frères ! Apportez votre contribution à la vie de l’Église qui a besoin de votre jeunesse et de votre dynamisme !  Lien vers le document.

4. L’Esprit est présent dans l’Église et la guide dans la mission envers les nations. Il est réconfortant de savoir que ce n’est pas nous, mais Lui-même qui est le protagoniste de la mission. Cela donne sérénité, joie, espérance, courage. Ce ne sont pas les résultats qui doivent préoccuper le missionnaire, parce qu’ils sont dans les mains de Dieu : il doit se mettre à la tâche avec toutes ses ressources, en laissant au Seigneur le soin d’agir en profondeur. L’Esprit, en outre, élargit les perspectives de la mission de l’Église aux frontières du monde entier. C’est à cela que nous rappelle chaque année la Journée Mondiale des Missions, en soulignant l’exigence de ne jamais mettre de limites aux horizons de l’évangélisation, mais de les maintenir toujours ouverts aux dimensions de l’humanité tout entière.  Lien vers le document.

31 mai 1998 Ibidem

Le « temps de l’Esprit », que nous sommes en train de vivre, nous oriente toujours plus vers une variété d’expressions, vers un pluralisme de méthodes et de formes, dans lesquelles se manifestent la richesse et la vivacité de l’Église. La voilà l’importance des Missions et des jeunes Communautés ecclésiales qui ont déjà permis, de manière silencieuse, selon le style de l’Esprit Saint, un renouveau bénéfique dans leur vie. Il est hors de doute que le Troisième Millénaire se présente comme un appel renouvelé à la Mission universelle, et, en même temps, à l’inculturation de l’Évangile de la part des différentes Églises locales. 7. J’ai écrit dans l’Encyclique Redemptoris Missio : « Dans l’histoire de l’Église, en effet, le dynamisme missionnaire a toujours été un signe de vitalité, de même que son affaiblissement est le signe d’une crise de la foi… La Mission renouvelle l’Église, renforce la foi et l’identité chrétienne, donne un regain d’enthousiasme et des motivations nouvelles » (Redemptoris Missio, 2).  Lien vers le document.

31 mai 1998 Ibidem

Grâce à une heureuse intuition, cette initiative a permis la croissance dans l’Église de plusieurs valeurs fondamentales, qui sont répandues aujourd’hui par les OEuvres Pontificales Missionnaires : la valeur de la Mission elle-même, capable de redonner vigueur dans l’Église à la vitalité de la foi, qui s’accroît quand on s’engage à la communiquer aux autres : « La foi s’affermit lorsqu’on la donne ! » (Redemptoris Missio, 2) ; la valeur de l’universalité de l’engagement missionnaire, puisque tous, sans exception, sont appelés à collaborer avec générosité à la Mission de l’Église ; la prière, l’offrande de ses propres souffrances, et le témoignage de vie, comme éléments premiers pour la Mission, à la portée de tous les fils et filles de Dieu..  Lien vers le document.

31 mai 1998 Ibidem

Enfin, je rappelle la valeur de la vocation missionnaire « ad vitam » : si l’Église tout entière est missionnaire en raison de sa propre nature, les missionnaires « ad vitam », hommes et femmes, en sont le modèle. Je saisis donc cette occasion pour renouveler mon appel à tous ceux qui sont engagés dans l’Église, et tout spécialement aux jeunes : La Missio… est encore bien loin de son achèvement », ai-je souligné dans Redemptoris Missio (n° 1), et c’est la raison pour laquelle il faut écouter la voix du Christ qui appelle aujourd’hui encore : « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes » (Mat 4,19). N’ayez pas peur ! Ouvrez au Christ les portes de votre coeur et de votre vie ! Laissez-vous attirer dans la mission de l’annonce du Royaume de Dieu : c’est pour cela que le Seigneur « a été envoyé » (cf. Lc 4,43), et a transmis la même mission à ses disciples de tous les temps. Dieu, qui ne se laisse jamais vaincre en générosité, vous donnera cent pour un, et la vie éternelle (cf. Mat 19,29).  Lien vers le document.

La tâche fondamentale pour laquelle Jésus envoie ses disciples est l’annonce de la Bonne Nouvelle, c’est-à-dire l’évangélisation (cf. Mc 16, 15-18). Il s’ensuit que « évangéliser est la grâce et la vocation propre de l’Église, son identité la plus profonde ». (243) Comme je l’ai dit en d’autres occasions, le caractère singulier et nouveau de la situation où le monde et l’Église se trouvent, à la veille du troisième millénaire, et les exigences qui en découlent, font que la mission évangélisatrice exige aujourd’hui un nouveau programme, que l’on peut définir dans son ensemble comme « nouvelle évangélisation ». (244) En tant que Pasteur suprême de l’Église, je désire ardemment inviter tous les membres du peuple de Dieu, particulièrement ceux qui vivent dans le continent américain — c’est sur son sol que pour la première fois j’ai fait appel à un engagement nouveau « dans sa ferveur, dans ses méthodes, dans son expression » (245) —, à faire leur ce projet et à y collaborer. En acceptant cette mission, que chacun se souvienne que le noeud vital de la nouvelle évangélisation doit être l’annonce claire et sans équivoque de la personne de Jésus Christ, c’est-à-dire l’annonce de son nom, de sa doctrine, de sa vie, de ses promesses et du Royaume qu’il s’est acquis par son mystère pascal. (246)  Lien vers le document.

Une Église qui témoigne

42. Le Concile Vatican II a clairement enseigné que l’Église entière est missionnaire, et que l’évangélisation est un devoir pour le peuple de Dieu tout entier.204 Puisque le peuple de Dieu dans son ensemble est envoyé pour annoncer l’Évangile, l’évangélisation n’est jamais un acte individuel ni isolé ; c’est toujours une tâche ecclésiale qui doit être accomplie dans la communion avec l’ensemble de la communauté croyante. La mission est unique car elle a une seule origine et une seule finalité ; mais il y a en elle différentes responsabilités et divers types d’activités.205 Dans tous les cas, il est clair qu’il ne peut y avoir d’annonce authentique de l’Évangile que dans la mesure où les chrétiens donnent en même temps le témoignage d’une vie en accord avec le message qu’ils prêchent : « La première forme de témoignage est la vie même du missionnaire, de la famille chrétienne et de la communauté ecclésiale, qui rend visible un nouveau mode de comportement… Tous dans l’Église, en s’efforçant d’imiter le divin Maître, peuvent et doivent donner ce témoignage; dans bien des cas, c’est la seule façon possible d’être missionnaire ».206 Le témoignage chrétien authentique est particulièrement nécessaire de nos jours, parce que « l’homme contemporain croit plus les témoins que les maîtres, l’expérience que la doctrine, la vie et les faits que les théories » 207 Cela est tout à fait vrai dans le contexte asiatique, où les personnes sont plus sensibles à la sainteté de vie qu’aux argumentations intellectuelles. L’expérience de la foi et les dons de l’Esprit Saint deviennent donc la base de tout travail missionnaire, que l’on oeuvre en ville ou dans les villages, dans les écoles ou les hôpitaux, auprès des personnes handicapées, des migrants ou des populations tribales, ou que l’on se consacre au progrès de la justice et des droits humains. Toute situation est pour les chrétiens une occasion de mettre en évidence la force que la vérité du Christ est devenue pour leurs vies. L’Église en Asie, inspirée par les nombreux missionnaires qui, dans le passé, ont de manière héroïque témoigné de l’amour de Dieu parmi les peuples du continent, se trouve ainsi poussée à témoigner avec autant de zèle pour le Christ et pour son Évangile. La mission chrétienne ne demande pas moins que cela.  Lien vers le document.

6 nov. 1999 Ibidem

Le coeur de l’Église particulière doit être centré sur la contemplation de Jésus Christ, Dieu fait homme, et elle doit tendre constamment à une union plus intime avec lui, dont elle continue la mission. La mission est une action contemplative et une contemplation active. Cependant un missionnaire qui n’a pas une profonde expérience de Dieu dans la prière et dans la contemplation aura peu d’influence spirituelle ou de succès missionnaire. Il s’agit là d’une réflexion que je tire de ma propre expérience sacerdotale, et, comme je l’ai écrit ailleurs, mes contacts avec des représentants des traditions spirituelles non chrétiennes, particulièrement les traditions asiatiques, m’ont confirmé dans la conviction que l’avenir de la mission dépend d’une grande diffusion de la contemplation. 108 En Asie, siège de grandes religions, où les personnes et des peuples entiers ont soif du divin, l’Église est appelée à être une Église de prière, profondément spirituelle bien qu’elle soit engagée dans des préoccupations humaines et sociales immédiates. Tout chrétien a besoin d’une authentique spiritualité missionnaire de prière et de contemplation.  Lien vers le document.

Le chemin du Christ ne peut être parcouru sans un sens ardent de la mission; et le coeur de la mission de l’Église est de proclamer Jésus Christ comme la Vérité vivante, une vérité révélée, une vérité expliquée, comprise et accueillie dans la foi, une vérité transmise aux nouvelles générations. La vérité de Jésus est toujours plus grande que nous-mêmes, plus grande que notre coeur, car elle jaillit des profondeurs de la Sainte Trinité ; et c’est une vérité qui demande que l’Église réponde aux problèmes et aux défis actuels. À la lumière de l’Évangile, nous découvrons que Jésus est la Vie. La vie du Christ est offerte aussi comme une grâce de guérison qui permet à l’humanité d’être ce que le Créateur a voulu qu’elle soit. Vivre de la vie de Jésus Christ implique un profond respect pour toute vie. Cela implique aussi une spiritualité vivante et une authentique vie morale, soutenues par la Parole de Dieu contenue dans l’Écriture et célébrée dans les sacrements de l’Église. Quand les chrétiens vivent la vie du Christ avec une foi toujours plus profonde, leur espérance ne cesse de s’affermir et leur charité devient plus rayonnante. Tel était le but de ce synode, et tel est le but de la nouvelle évangélisation à laquelle l’Esprit convoque l’Église tout entière.  Lien vers le document.

22 nov. 2001 Ibidem

 Cet appel à la mission impose de grands défis, mais il ouvre aussi de nouveaux horizons, pleins d’espérance et même d’esprit d’aventure. L’appel à la mission est adressé à tous les membres de l’Église. « Toute l’Église est missionnaire, car l’activité missionnaire… est partie intégrante de sa vocation ».(35) Certains membres de l’Église sont envoyés à ceux qui n’ont pas encore entendu parler de Jésus Christ, et leur mission demeure toujours aussi essentielle. Mais beaucoup d’autres sont envoyés près de chez eux, et les Pères du Synode ont tenu à mettre l’accent sur la mission des membres laïcs de l’Église. En famille, sur le lieu de travail, dans les écoles, dans les activités associatives, tous les chrétiens peuvent contribuer à apporter la Bonne Nouvelle au monde dans lequel ils vivent  Lien vers le document.

22 nov. 2001 Ibidem

 …le Pape Paul VI donnait déjà cet avertissement : « Il y a le danger de tout ramener à un humanisme terrestre, d’oublier la dimension morale et spirituelle de la vie, de ne plus se soucier de la relation nécessaire de l’homme au Créateur ».(63) L’Église doit répondre à sa mission d’évangéliser dans un monde de plus en plus sécularisé. Le sens de Dieu et de sa Providence aimante a diminué chez bien des gens et même dans des secteurs entiers de la société. L’indifférence pratique à l’égard des vérités et des valeurs religieuses voile le visage de l’amour divin. De ce fait, « parmi les priorités d’un effort renouvelé d’évangélisation, il faut qu’il y ait un retour au sens du sacré, à une conscience de la place centrale de Dieu dans toute l’existence humaine ».(64) La première priorité pour l’Église en Océanie, c’est de procéder à une nouvelle évangélisation. En un sens, sa mission est simple et claire : proposer une nouvelle fois à la société humaine l’Évangile intégral du salut en Jésus Christ. L’Église est envoyée au monde d’aujourd’hui, aux hommes et aux femmes de notre temps, « pour annoncer l’Évangile… pour que ne soit pas réduite la puissance de la Croix du Christ… Le langage de la Croix est en effet puissance de Dieu (1 Co 1, 17-18) ».(65 Lien vers le document.

19 mai 2002

MESSAGE DU PAPE JEAN PAUL II POUR LA JOURNÉE MONDIALE DES MISSIONS 2002

« La mission est annonce de pardon »

« La mission est annonce de pardon ». Il s’agit d’un événement qui se répète chaque année, mais qui ne perd pas, au cours du temps, sa signification propre et son importance, car la mission constitue notre réponse au commandement suprême de Jésus: «Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples…; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés » (Mt 28, 19-20)

2. Au début du troisième millénaire chrétien, le devoir de la mission s’impose avec une urgence plus grande, car, comme le rappelait déjà l’encyclique Redemptoris missio, « le nombre de ceux qui ignorent le Christ et ne font pas partie de l’Église augmente continuellement, et même il a presque doublé depuis la fin du Concile. À l’égard de ce nombre immense d’hommes que le Père aime et pour qui il a envoyé son Fils, l’urgence de la mission est évidente » (n. 3). Avec le grand Apôtre et évangélisateur saint Paul, nous voulons redire: « Annoncer l’Évangile, ce n’est pas là mon motif d’orgueil, c’est une nécessité qui s’impose à moi: malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! … Je m’acquitte de la charge que Dieu m’a confiée » (1 Co 9, 16-17). Seul l’amour du Père, capable de rendre frères les hommes de toute race et de toute culture, pourra faire disparaître les divisions douloureuses, les oppositions idéologiques, les disparités économiques et les abus de pouvoir violents qui oppriment encore l’humanité.  Lien vers le document.

Pour être fidèle au sens de la mission, qui est une nécessité vitale pour l’Église et l’expression de « son identité la plus profonde » (cf. Paul VI, Evangelii nuntiandi, n. 14), on ne peut bien sûr se contenter de remodeler les outils de nos Églises par une simple adaptation de la dimension territoriale des paroisses. Il convient également de s’ouvrir à d’autres dimensions, en prêtant la plus grande attention aux phénomènes sociaux nouveaux et à tous les « aréopages modernes » (Redemptoris missio, n. 37). Pour mieux y parvenir, certains diocèses ont décidé d’associer leurs forces apostoliques, en mettant au service des diocèses les plus démunis des prêtres disponibles pour la mission. Je salue cette initiative et je souhaite qu’elle puisse être reprise ailleurs, éventuellement sous d’autres formes, et peut-être dans le cadre des nouvelles provinces, là où les disparités de moyens sont importantes et risquent de pénaliser certains diocèses. Puissent tous les prêtres auxquels des demandes semblables sont faites se rendre disponibles!  Lien vers le document.

 « L’Eucharistie édifie l’Église et l’Église fait l’Eucharistie » (n° 26) : ainsi écrivais-je, en observant que la mission de l’Église se situe en continuité avec celle du Christ (cf. Jn 20, 21) et puise une force spirituelle de la communion à son Corps et à son Sang. Le but de l’Eucharistie est précisément « la communion de tous les hommes avec le Christ et en lui avec le Père et l’Esprit Saint » (Ecclesia de Eucharistia, 22). Lorsque nous participons au Sacrifice eucharistique, nous percevons plus profondément l’universalité de la Rédemption et, en conséquence, l’urgence de la mission de l’Église, dont le programme « est centré, en dernière analyse, sur le Christ lui-même, qu’il faut connaître, aimer, imiter, pour vivre en lui la vie trinitaire et pour transformer avec lui l’histoire jusqu’à son achèvement dans la Jérusalem céleste » (ibid., 60). Autour du Christ eucharistique, l’Église grandit comme peuple, temple et famille de Dieu : une, sainte, catholique et apostolique. En même temps, elle comprend mieux son caractère de sacrement universel de salut et de réalité visible hiérarchiquement structurée. Certes « aucune communauté chrétienne ne s’édifie si elle n’a pas sa racine et son centre dans la célébration de la très sainte Eucharistie » (ibid., 33 ; cf. Presbyterorum Ordinis, 6). Au terme de chaque messe, quand le célébrant congédie l’assemblée par les mots « Ite, Missa est », tous doivent se sentir envoyés comme « missionnaires de l’Eucharistie » à diffuser dans tous les milieux le grand don reçu. En effet, celui qui rencontre le Christ dans l’Eucharistie ne peut pas ne pas proclamer par sa vie l’amour miséricordieux du Rédempteur. Lien vers le document.