Les écrits de François

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Chers frères, le résultat du travail pastoral ne s’appuie pas sur la richesse des ressources, mais sur la créativité de l’amour. La ténacité, l’effort, le travail, la programmation, l’organisation servent certainement, mais avant tout il faut savoir que la force de l’Église n’habite pas en elle-même, mais elle se cache dans les eaux profondes de Dieu, dans lesquelles elle est appelée à jeter ses filets. Une autre leçon que l’Église doit toujours se rappeler est qu’elle ne peut pas s’éloigner de la simplicité, autrement elle oublie le langage du Mystère, elle reste hors de la porte du Mystère, et, évidemment, elle ne réussit pas à entrer en ceux qui prétendent de l’Église ce qu’ils ne peuvent se donner par eux-mêmes, c’est-à-dire Dieu. Parfois, nous perdons ceux qui ne nous comprennent pas parce que nous avons oublié la simplicité, important de l’extérieur aussi une rationalité étrangère à nos gens. Sans la grammaire de la simplicité, l’Église se prive des conditions qui rendent possible le fait de « pêcher » Dieu dans les eaux profondes de son Mystère. Lien vers le document

27 juill. 2013 Ibidem

La mission de l’Église dans la société Dans la société, l’Église demande une seule chose avec une clarté particulière : la liberté d’annoncer l’Évangile de manière intégrale, même quand elle est en opposition avec le monde, même quand elle va à contre-courant, en défendant le trésor dont elle est seulement la gardienne, et les valeurs dont elle ne dispose pas, mais qu’elle a reçues et auxquelles elle doit être fidèle.
L’Église affirme le droit de servir l’homme dans son intégralité, en lui disant ce que Dieu a révélé au sujet de l’homme et de sa réalisation, et elle désire rendre présent ce patrimoine immatériel sans lequel la société s’effrite, les villes seraient englouties par leurs murs, leurs gouffres et leurs barrières. L’Église a le droit et le devoir de maintenir allumée la flamme de la liberté et de l’unité de l’homme.

Éducation, santé, paix sociale sont les urgences brésiliennes. L’Église a une parole à dire sur ces thèmes, car, pour répondre convenablement à ces défis, les solutions purement techniques ne suffisent pas, mais il faut avoir une vision sous-jacente de l’homme, de sa liberté, de sa valeur, de son ouverture au transcendant. Et vous, chers confrères, ne craignez pas d’offrir cette contribution de l’Église qui est pour le bien de toute la société et d’offrir cette parole « incarnée » par votre témoignage aussi. Lien vers le document

Aparecida propose de mettre l’Église dans un état permanent de mission, de réaliser des actes de nature missionnaire, mais dans le contexte plus ample d’une mission généralisée : que toute l’activité habituelle des Églises particulières ait un caractère missionnaire. Et cela dans la certitude que l’activité missionnaire, plus qu’une activité parmi d’autres, est un paradigme, c’est-à-dire le paradigme de toute l’action pastorale. L’intimité de l’Église avec Jésus est une intimité itinérante, elle suppose de sortir de soi, de marcher et de semer toujours à nouveau, toujours au-delà. « Allons prêcher ailleurs, dans les villages voisins, car c’est pour cela que je suis venu », disait le Seigneur. Il est vital pour l’Église de ne pas s’enfermer, de ne pas se sentir satisfaite et sûre de ce qu’elle a atteint. Sinon, l’Église tombe malade, malade d’une abondance imaginaire, d’une abondance superflue, d’une certaine façon, elle « fait une indigestion » et elle s’affaiblit. Il faut sortir de sa communauté et avoir l’audace d’atteindre les périphéries existentielles qui ont besoin de sentir la proximité de Dieu. Il n’abandonne personne et il montre toujours sa tendresse et sa miséricorde inépuisables : c’est ce qu’il faut apporter à tous. Un deuxième point : l’objectif de toute l’activité pastorale est toujours orienté par l’élan missionnaire d’atteindre tout le monde, sans exclure personne et en tenant particulièrement compte de la condition de chacun. Il faut atteindre tout le monde et l’on partagera la joie d’avoir rencontré le Christ. Il ne s’agit pas d’aller comme pour imposer une nouvelle obligation, comme pour se limiter au reproche ou à la lamentation face à ce que l’on considère comme imparfait ou insuffisant. La tâche de l’évangélisation suppose beaucoup de patience, beaucoup de patience ; elle prend soin du bon grain et ne perd pas la paix en présence de l’ivraie. Et elle sait aussi comment présenter le message chrétien de façon sereine et progressive, avec le parfum de l’Évangile, comme le faisait le Seigneur. Elle sait privilégier, en premier lieu, ce qui est le plus essentiel et le plus nécessaire, c’est-àdire la beauté de l’amour de Dieu qui nous parle dans le Christ mort et ressuscité. D’autre part, elle doit s’efforcer d’être créative dans ses méthodes, nous ne pouvons pas rester enfermés dans le lieu commun du « on a toujours fait comme cela » Lien vers le document.

121. Assurément, nous sommes tous appelés à grandir comme évangélisateurs. En même temps employons-nous à une meilleure formation, à un approfondissement de notre amour et à un témoignage plus clair de l’Évangile. En ce sens, nous devons tous accepter que les autres nous évangélisent constamment ; mais cela ne signifie pas que nous devons renoncer à la mission d’évangélisation, mais plutôt que nous devons trouver le mode de communiquer Jésus qui corresponde à la situation dans laquelle nous nous trouvons. Dans tous les cas, nous sommes tous appelés à offrir aux autres le témoignage explicite de l’amour salvifique du Seigneur, qui, bien au-delà de nos imperfections, nous donne sa proximité, sa Parole, sa force, et donne sens à notre vie. Ton cœur sait que la vie n’est pas la même sans lui, alors ce que tu as découvert, ce qui t’aide à vivre et te donne une espérance, c’est cela que tu dois communiquer aux autres. Notre imperfection ne doit pas être une excuse ; au contraire, la mission est un stimulant constant pour ne pas s’installer dans la médiocrité et pour continuer à grandir. Le témoignage de foi que tout chrétien est appelé à donner, implique d’affirmer, comme saint Paul : « Non que je sois déjà au but, ni déjà devenu parfait; mais je poursuis ma course […] et je cours vers le but » (Ph 3, 12-13).  Lien vers le document.

24 nov. 2013 Ibidem

124. Dans le Document d’Aparecida sont décrites les richesses que l’Esprit Saint déploie dans la piété populaire avec ses initiatives gratuites. En ce continent bien-aimé, où un grand nombre de chrétiens expriment leur foi à travers la piété populaire, les évêques l’appellent aussi « spiritualité populaire » ou « mystique populaire ».[103] Il s’agit d’une véritable « spiritualité incarnée dans la culture des simples ».[104] Elle n’est pas vide de contenus, mais elle les révèle et les exprime plus par voie symbolique que par l’usage de la raison instrumentale, et, dans l’acte de foi, elle accentue davantage le credere in Deum que le credere Deum.[105] « C’est une manière légitime de vivre la foi, une façon de se sentir partie prenante de l’Église, et une manière d’être missionnaire »[106] ; elle porte en elle la grâce de la mission, du sortir de soi et d’être pèlerins : « le fait de marcher ensemble vers les sanctuaires, et de participer à d’autres manifestations de la piété populaire, en amenant aussi les enfants ou en invitant d’autres personnes, est en soi un acte d’évangélisation».[107] Ne contraignons pas et ne prétendons pas contrôler cette force missionnaire !  Lien vers le document.

24 nov. 2013 Ibidem

De personne à personne
127. Maintenant que l’Église veut vivre un profond renouveau missionnaire, il y a une forme de prédication qui nous revient à tous comme tâche quotidienne. Il s’agit de porter l’Évangile aux personnes avec lesquelles chacun a à faire, tant les plus proches que celles qui sont inconnues. C’est la prédication informelle que l’on peut réaliser dans une conversation, et c’est aussi celle que fait un missionnaire quand il visite une maison. Être disciple c’est avoir la disposition permanente de porter l’amour de Jésus aux autres, et cela se fait spontanément en tout lieu : dans la rue, sur la place, au travail, en chemin.  Lien vers le document.

24 nov. 2013 Ibidem

IV. Une évangélisation pour l’approfondissement du kerygme                                      160. Le mandat missionnaire du Seigneur comprend l’appel à la croissance de la foi quand il indique : « leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit » (Mt 28, 20). Ainsi apparaît clairement que la première annonce doit donner lieu aussi à un chemin de formation et de maturation. L’évangélisation cherche aussi la croissance, ce qui implique de prendre très au sérieux chaque personne et le projet que le Seigneur a sur elle. Chaque être humain a toujours plus besoin du Christ, et l’évangélisation ne devrait pas accepter que quelqu’un se contente de peu, mais qu’il puisse dire pleinement : « Ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20).
161. Il ne serait pas correct d’interpréter cet appel à la croissance exclusivement ou prioritairement comme une formation doctrinale. Il s’agit d’“ observer ” ce que le Seigneur nous a indiqué, comme réponse à son amour, d’où ressort, avec toutes les vertus, ce commandement nouveau qui est le premier, le plus grand, celui qui nous identifie le mieux comme disciples : « Voici quel est mon commandement : vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn 15, 12). Il est évident que, lorsque les auteurs du Nouveau Testament veulent réduire à une dernière synthèse, au plus essentiel, le message moral chrétien, ils nous présentent l’incontournable exigence de l’amour du prochain : « Celui qui aime autrui a de ce fait accompli la loi… La charité est donc la loi dans sa plénitude » (Rm 13, 8.10).  Lien vers le document.

24 nov. 2013 Ibidem

Donnez et l’on vous donnera… De la mesure dont vous mesurez, on mesurera pour vous en retour » (Lc 6, 36-38). Ce qu’expriment ces textes c’est la priorité absolue de “ la sortie de soi vers le frère ” comme un des deux commandements principaux qui fondent toute norme morale et comme le signe le plus clair pour faire le discernement sur un chemin de croissance spirituelle en réponse au don absolument gratuit de Dieu. Pour cela même, « le service de la charité est, lui aussi, une dimension constitutive de la mission de l’Église et il constitue une expression de son essence-même ».[144] Comme l’Église est missionnaire par nature, ainsi surgit inévitablement d’une telle nature la charité effective pour le prochain, la compassion qui comprend, assiste et promeut.  Lien vers le document.

24 nov. 2013 Ibidem

Le mandat est : « Allez dans le monde entier ; proclamez l’Évangile à toute la création » (Mc 16, 15), parce que « la création en attente, aspire à la révélation des fils de Dieu » (Rm 8, 19). Toute la création signifie aussi tous les aspects de la nature humaine, de sorte que « la mission de l’annonce de la Bonne Nouvelle de Jésus Christ a une dimension universelle. Son commandement de charité embrasse toutes les dimensions de l’existence, toutes les personnes, tous les secteurs de la vie sociale et tous les peuples. Rien d’humain ne peut lui être étranger ».[147] L’espérance chrétienne véritable, qui cherche le Royaume eschatologique, engendre toujours l’histoire.  Lien vers le document.

24 nov. 2013 Ibidem

…il ne s’agit donc pas d’une mission réservée seulement à quelques-uns : « L’Église guidée par l’Évangile de la miséricorde et par l’amour de l’homme, entend la clameur pour la justice et veut y répondre de toutes ses forces ».[153] Dans ce cadre on comprend la demande de Jésus à ses disciples : « Donnez-leur vous-mêmes à manger » (Mc 6, 37), ce qui implique autant la coopération pour résoudre les causes structurelles de la pauvreté et promouvoir le développement intégral des pauvres, que les gestes simples et quotidiens de solidarité devant les misères très concrètes que nous rencontrons. Le mot “solidarité” est un peu usé et, parfois, on l’interprète mal, mais il désigne beaucoup plus que quelques actes sporadiques de générosité. Il demande de créer une nouvelle mentalité qui pense en termes de communauté, de priorité de la vie de tous sur l’appropriation des biens par quelques uns.  Lien vers le document.

24 nov. 2013 Ibidem

273. La mission au cœur du peuple n’est ni une partie de ma vie ni un ornement que je peux quitter, ni un appendice ni un moment de l’existence. Elle est quelque chose que je ne peux pas arracher de mon être si je ne veux pas me détruire. Je suis une mission sur cette terre, et pour cela je suis dans ce monde. Je dois reconnaître que je suis comme marqué au feu par cette mission afin d’éclairer, de bénir, de vivifier, de soulager, de guérir, de libérer. Là apparaît l’infirmière dans l’âme, le professeur dans l’âme, le politique dans l’âme, ceux qui ont décidé, au fond, d’être avec les autres et pour les autres. Toutefois, si une personne met d’un côté son devoir et de l’autre sa vie privée, tout deviendra triste, et elle vivra en cherchant sans cesse des gratifications ou en défendant ses propres intérêts. Elle cessera d’être peuple.  Lien vers le document.

24 nov. 2013 Ibidem

Parfois, il nous semble que nos efforts ne portent pas de fruit, pourtant la mission n’est pas un commerce ni un projet d’entreprise, pas plus qu’une organisation humanitaire, ni un spectacle pour raconter combien de personnes se sont engagées grâce à notre propagande ; elle est quelque chose de beaucoup plus profond, qui échappe à toute mesure. Peut-être que le Seigneur passe par notre engagement pour déverser des bénédictions quelque part, dans le monde, dans un lieu où nous n’irons jamais. L’Esprit Saint agit comme il veut, quand il veut et où il veut ; nous nous dépensons sans prétendre, cependant, voir des résultats visibles. Nous savons seulement que notre don de soi est nécessaire. Apprenons à nous reposer dans la tendresse des bras du Père, au cœur de notre dévouement créatif et généreux. Avançons, engageons-nous à fond, mais laissons-le rendre féconds nos efforts comme bon lui semble.
280. Pour maintenir vive l’ardeur missionnaire, il faut une confiance ferme en l’Esprit Saint, car c’est lui qui « vient au secours de notre faiblesse » (Rm 8, 26).  Lien vers le document.

24 nov. 2013 Ibidem

La force missionnaire de l’intercession
281. Il y a une forme de prière qui nous stimule particulièrement au don de nous-mêmes pour l’évangélisation et nous motive à chercher le bien des autres : c’est l’intercession. Regardons un instant l’être intérieur d’un grand évangélisateur comme saint Paul, pour comprendre comment était sa prière. Sa prière était remplie de personnes : « En tout temps dans toutes mes prières pour vous tous […] car je vous porte dans mon cœur » (Ph 1, 4.7). Nous découvrons alors que la prière d’intercession ne nous éloigne pas de la véritable contemplation, car la contemplation qui se fait sans les autres est un mensonge.  Lien vers le document.

Sans un enracinement dans le Christ, les vérités pour lesquelles nous vivons finissent par se fissurer, la pratique des vertus devient formaliste et le dialogue est réduit à une forme de négociation ou à un accord sur le désaccord. Cet accord sur désaccord…afin que rien ne bouge…Cette superficialité qui nous fait tant de mal.
Il y a ensuite une troisième tentation, qui est la sécurité apparente qui se cache derrière des réponses faciles, des phrases toutes faites, des lois et des règlements. Jésus a beaucoup lutté contre ces personnes qui se cachaient derrière les lois, les règlements, les réponses faciles… Il les a traités d’hypocrites. La foi, par sa propre nature, n’est pas centrée sur ellemême, la foi tend à ‘‘aller au-dehors’’. Elle cherche à se faire comprendre, elle fait naître le témoignage, génère la mission. En ce sens, la foi nous rend capables d’être en même temps courageux et humbles dans notre témoignage d’espérance et d’amour. Saint Pierre nous dit que nous devons être toujours prêts à répondre à quiconque nous demande raison de l’espérance qui est en nous (1P 3, 15). Notre identité de chrétiens réside en définitive dans l’engagement à adorer Dieu seul et à nous aimer les uns les autres, à être au service les uns des autres et à montrer à travers notre exemple, non seulement en quoi nous croyons, mais encore en quoi nous espérons et qui est Celui en qui nous avons mis notre confiance (cf. 2 Tim 1, 12).  Lien vers le document.

La louange est l’inspiration qui nous donne la vie, parce que c’est l’intimité avec Dieu, qui croît avec la louange chaque jour. Il y a quelque temps, j’ai entendu cet exemple qui me semble très approprié : la respiration de l’être humain. La respiration est formée de deux phases: inspirer, c’est à dire faire entrer de l’air, et expirer, le laisser sortir. La vie spirituelle s’alimente, se nourrit dans la prière et se manifeste dans la mission: inspiration — la prière — et expiration. Lorsque nous inspirons, dans la prière, nous recevons l’air nouveau de l’Esprit et en l’expirant, nous annonçons Jésus Christ suscité par ce même Esprit.
Personne ne peut vivre sans respirer. Il en est de même pour le chrétien: sans la louange et sans la mission, on ne vit pas en chrétien. Et à la louange, il faut associer l’adoration. On parle peu d’adoration. « Que fait-on dans la prière ? » — « Je demande des choses à Dieu, je rends grâce, on fait l’intercession… ». L’adoration, adorer Dieu. C’est une partie de la respiration : la louange et l’adoration.   Lien vers le document.

L’Église ressent fortement l’urgence d’annoncer la miséricorde de Dieu. La vie de l’Église est authentique et crédible lorsque la miséricorde est l’objet d’une annonce convaincante. Elle sait que sa mission première, surtout à notre époque toute remplie de grandes espérances et de fortes contradictions, est de faire entrer tout un chacun dans le grand mystère de la miséricorde de Dieu, en contemplant le visage du Christ. L’Église est d’abord appelée à être témoin véridique de la miséricorde, en la professant et en la vivant comme le centre de la Révélation de Jésus-Christ. Du cœur de la Trinité, du plus profond du mystère de Dieu, jaillit et coule sans cesse le grand fleuve de la miséricorde. Cette source ne sera jamais épuisée pour tous ceux qui s’en approcheront. Chaque fois qu’on en aura besoin, on pourra y accéder, parce que la miséricorde de Dieu est sans fin. Autant la profondeur du mystère renfermé est insondable, autant la richesse qui en découle est inépuisable.   Lien vers le document.

19 avril 2015            PAPE FRANÇOIS REGINA CŒLI
Place Saint-Pierre

Les apôtres, qui ont vu de leurs propres yeux le Christ ressuscité, ne pouvaient taire leur expérience extraordinaire. Il s’était montré à eux afin que la vérité de sa résurrection parvienne à tous par le bais de leur témoignage. Et l’Église a le devoir de prolonger cette mission dans le temps; chaque baptisé est appelé à témoigner, par ses paroles et par sa vie, que Jésus est ressuscité, que Jésus est vivant et présent parmi nous. Nous sommes tous appelés à témoigner du fait que Jésus est vivant.
Nous pouvons nous demander: mais qui est le témoin? Le témoin est quelqu’un qui a vu, qui se souvient et qui raconte. Voir, se rappeler et raconter sont les trois verbes qui en décrivent l’identité et la mission. Le témoin est quelqu’un qui a vu une réalité avec des yeux objectifs, et non avec des yeux indifférents; il a vu et s’est laissé prendre par l’événement. C’est pourquoi il se souvient, non seulement parce qu’il sait décrire de façon précise ce qui est arrivé, mais aussi parce que ces faits lui ont parlé, et il en a recueilli le sens profond. Alors le témoin raconte, non de façon froide et distante, mais comme quelqu’un qui s’est laissé remettre en question, et qui depuis ce jour, a changé de vie. Le témoin est quelqu’un qui a changé de vie.
Le contenu du témoignage chrétien n’est pas une théorie, ni une idéologie ou un système complexe de règles et d’interdictions ou un moralisme, mais c’est un message de salut, un événement concret, ou plutôt une Personne: c’est le Christ ressuscité, vivant et unique Sauveur de tous. Il peut être témoigné par tous ceux qui ont eu une expérience personnelle avec lui, dans la prière et dans l’Église, à travers un chemin qui trouve son fondement dans le baptême, sa nourriture dans l’Eucharistie, son sceau dans la confirmation, sa conversion continuelle dans la pénitence.   Lien vers le document.

En effet, si tout baptisé est appelé à rendre témoignage au Seigneur Jésus en annonçant la foi reçue en don, cela vaut de manière particulière pour la personne consacrée, parce qu’un lien fort subsiste entre la vie consacrée et la mission. La sequela Christi, qui a suscité l’avènement de la vie consacrée au sein de l’Église, répond à l’appel à prendre la croix et à se mettre à sa suite, à imiter sa consécration au Père et ses gestes de service et d’amour, à perdre la vie pour la retrouver. Et puisque toute l’existence du Christ a un caractère missionnaire, les hommes et les femmes qui le suivent de plus près assument pleinement ce même caractère.   Lien vers le document.

 24 mai2015 Ibidem 

La dimension missionnaire, en ce qu’elle appartient à la nature même de l’Église, est également intrinsèque à toute forme de vie consacrée, et ne peut être négligée sans créer un vide qui défigure le charisme. La mission n’est pas prosélytisme ou simple stratégie.
Elle fait partie de la « grammaire » de la foi. Il s’agit de quelque chose d’indispensable pour celui qui se met à l’écoute de la voix de l’Esprit qui murmure « viens » et « va ». Celui qui suit le Christ ne peut que devenir missionnaire, et il sait que Jésus « marche avec lui, parle avec lui, respire avec lui, travaille avec lui. Il ressent Jésus vivant avec lui au milieu de l’activité missionnaire » (Exhortation apostolique Evangelii gaudium, n. 266).   Lien vers le document.

 24 mai2015 Ibidem 

…la passion du missionnaire est l’Évangile. Saint Paul pouvait affirmer : « Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile » (1 Co 9, 16). L’Évangile est source de joie, de libération et de salut pour tout homme. L’Église est consciente de ce don et elle ne se lasse donc pas d’annoncer continuellement à tous « ce qui était au commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux » (1 Jn 1, 1). La mission des serviteurs de la Parole – évêques, prêtres, religieux et laïcs – est celle de mettre tout un chacun, sans aucune exception, en rapport personnel avec le Christ. Dans l’immense champ de l’action missionnaire de l’Église, chaque baptisé est appelé à vivre au mieux son engagement, selon sa situation personnelle. Une réponse généreuse à cette vocation universelle peut être offerte par les consacrés et les consacrées au travers d’une intense vie de prière et d’union avec le Seigneur et avec son sacrifice rédempteur.   Lien vers le document.

C’est précisément dans cet espace de prière que se trouve le vrai « trésor » (Lc 12, 34) à donner aux frères par le biais de l’annonce. Le missionnaire, en effet, se fait serviteur du Dieu-qui-parle, qui veut parler aux hommes et aux femmes d’aujourd’hui, comme Jésus parlait à ceux de son temps, et conquérait le cœur des gens qui venaient l’écouter de toute part (cf. Mc 1, 45), et étaient émerveillés en écoutant ses enseignements (cf. Mc 6, 2). Cette relation de la mission ad gentes avec la Parole de Dieu se place moins dans l’ordre du « faire » que dans celui de l’« être ». La mission, pour être authentique, doit se référer et mettre au centre la grâce du Christ qui jaillit de la croix : en croyant en Lui, l’on peut transmettre la Parole de Dieu qui anime, soutient et rend fécond l’engagement du missionnaire. Pour cela, chers frères, nous devons toujours nous nourrir de la Parole de Dieu pour en être un écho fidèle ; l’accueillir avec la joie de l’Esprit, l’intérioriser et la faire chair de notre chair comme Marie (cf. Lc 2, 19). Dans la Parole de Dieu, il y a la sagesse qui vient d’en haut, et qui permet de trouver des langages, des comportements, des instruments adaptés pour répondre aux défis de l’humanité qui change.   Lien vers le document.

Évangélisatrice par nature, l’Église commence toujours en s’évangélisant elle-même.
Disciple du Seigneur Jésus, elle se met à l’écoute de sa Parole, dont elle tire les raisons de l’espérance qui ne déçoit pas, car elle est fondée sur la grâce de l’Esprit Saint (cf. Rm 5, 5). Ce n’est qu’ainsi qu’elle est capable de conserver sa fraîcheur et son élan apostolique. Le décret conciliaire Ad gentes et l’encyclique Redemptoris missio, dont cette plénière s’est inspirée, disent que l’Église «elle-même tire son origine de la mission du Fils et de la mission du Saint-Esprit, selon le dessein de Dieu le Père» (Ad gentes, n. 2). La mission ne répond pas en premier lieu à l’initiative humaine; c’est l’Esprit Saint qui est le protagoniste, le projet lui appartient (cf. Redemptoris missio, n. 21). Et l’Église est la servante de la mission. Ce n’est pas l’Église qui fait la mission, mais c’est la mission qui fait l’Église. La mission n’est donc pas l’instrument, mais le point de départ et le but ultime.   Lien vers le document.

3 déc. 2015 Ibidem

Ces derniers mois, votre dicastère a réalisé une enquête sur la vitalité des jeunes Églises, pour comprendre comment rendre plus efficace l’œuvre de la missio ad gentes, en considérant également l’ambiguïté à laquelle est parfois exposée l’expérience de foi aujourd’hui. En effet, le monde sécularisé même lorsqu’il est accueillant à l’égard des valeurs évangéliques de l’amour, de la justice, de la paix et de la sobriété, ne montre pas la même disponibilité à l’égard de la personne de Jésus: il ne le considère ni comme le Messie, ni comme le Fils de Dieu. Tout au plus, il le considère comme un homme éclairé. Il sépare donc le message du Messager, le don du Donateur. Dans cette situation de détachement, la missio ad gentes joue le rôle de moteur et d’horizon de la foi. Il est vital qu’à l’heure actuelle, «l’Église sorte pour annoncer l’Évangile à tous, en tous lieux, en toutes occasions, sans hésitation, sans répulsion et sans peur» (Exhort. apos. Evangelii gaudium, n. 23). En effet, la mission est une force capable de transformer l’Église en son sein, avant même la vie des peuples et des cultures. Que chaque paroisse fasse donc sien le style de la missio ad gentes. De cette manière, l’Esprit Saint transformera les fidèles routiniers en disciples, les disciples qui ont perdu l’ardeur en missionnaires, en les faisant sortir des peurs et des fermetures et en les projetant dans chaque direction, jusqu’aux confins du monde (cf. Ac 1, 8). Que l’approche kérygmatique de la foi, si familière parmi les jeunes Églises, trouve place également parmi celles d’antique tradition.   Lien vers le document.

Je voudrais vous indiquer aujourd’hui le lien étroit qui existe entre la miséricorde et la mission. Comme le rappelait saint Jean-Paul II : « L’Église vit d’une vie authentique lorsqu’elle professe et proclame la miséricorde, et lorsqu’elle conduit les hommes aux sources de la miséricorde du Sauveur » (Enc. Dives in misericordia, n. 13). En tant que chrétiens, nous avons la responsabilité d’être missionnaires de l’Évangile. Quand nous recevons une belle nouvelle, ou quand nous vivons une belle expérience, il est naturel que nous ressentions l’exigence de la communiquer également aux autres. Nous sentons que nous ne pouvons pas retenir la joie qui nous a été donnée : nous voulons la diffuser. La joie suscitée est telle qu’elle nous pousse à la communiquer.   Lien vers le document.

30 jan. 2016 Ibidem

La miséricorde que nous recevons du Père ne nous est pas donnée comme un réconfort privé, mais fait de nous des instruments afin que les autres aussi puissent recevoir le même don. Il existe une merveilleuse circularité entre la miséricorde et la mission. Vivre de miséricorde nous rend missionnaires de la miséricorde, et être des missionnaires nous permet de grandir toujours plus dans la miséricorde de Dieu. Prenons donc au sérieux notre condition de chrétiens et engageons-nous à vivre en croyants, car ce n’est qu’ainsi que l’Évangile peut toucher le cœur des personnes et l’ouvrir pour recevoir la grâce de l’amour, pour recevoir cette grande miséricorde de Dieu qui accueille tout le monde.   Lien vers le document.

Pour que les familles puissent être toujours davantage des sujets actifs de la pastorale familiale, il faut « un effort d’évangélisation et de catéchisme » [228] envers la famille, qui l’oriente dans ce sens.
201. Cela exige de toute l’Église « une conversion missionnaire […] : il est nécessaire de ne pas s’en tenir à une annonce purement théorique et détachée des problèmes réels des gens ». [229] La pastorale familiale « doit faire connaître par l’expérience que l’Évangile de la famille est une réponse aux attentes les plus profondes de la personne humaine : à sa dignité et à sa pleine réalisation dans la réciprocité, dans la communion et dans la fécondité. Il ne s’agit pas seulement de présenter des normes, mais de proposer des valeurs en répondant ainsi au besoin que l’on constate aujourd’hui, même dans les pays les plus sécularisés ».[230] De même, on a « souligné la nécessité d’une évangélisation qui dénonce avec franchise les conditionnements culturels, sociaux et économiques, comme la place excessive donnée à la logique du marché, qui empêchent une vie familiale authentique, entraînant des discriminations, la pauvreté, des exclusions et la violence. Voilà pourquoi il faut développer un dialogue et une coopération avec les structures sociales ; les laïcs qui s’engagent, en tant que chrétiens, dans les domaines culturel et sociopolitique, doivent être encouragés et soutenus ». [231] .   Lien vers le document.

19 mars 2016 Ibidem

Aujourd’hui, la pastorale familiale doit être fondamentalement missionnaire, en sortie, de proximité, au lieu de se limiter à être une usine de cours auxquels peu de personnes prennent part.
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289. L’effort de transmettre la foi aux enfants, dans le sens de faciliter son expression et sa croissance, aide à ce que la famille devienne évangélisatrice, et commence spontanément à la transmettre à tous ceux qui s’approchent d’elle et même en dehors du cercle familial. Les enfants qui grandissent dans des familles missionnaires deviennent souvent missionnaires, si les parents vivent cette mission de telle manière que les autres les sentent proches et affables, et que les enfants grandissent dans cette façon d’entrer en relation avec le monde, sans renoncer à leur foi et à leurs convictions.   Lien vers le document.

19 mars 2016 Ibidem

309. Il est providentiel que ces réflexions aient lieu dans le contexte d’une Année Jubilaire consacrée à la miséricorde, car face également aux diverses situations qui affectent la famille, «l’Église a pour mission d’annoncer la miséricorde de Dieu, cœur battant de l’Évangile, qu’elle doit faire parvenir au cœur et à l’esprit de tous. L’Épouse du Christ adopte l’attitude du Fils de Dieu qui va à la rencontre de tous, sans exclure personne ».[358]
Elle sait bien que Jésus lui-même se présente comme le Pasteur de cent brebis, non pas de quatre-vingt-dix-neuf. Il les veut toutes. Si on est conscient de cela, il sera possible qu’« à tous, croyants ou loin de la foi, puisse parvenir le baume de la miséricorde comme signe du Règne de Dieu déjà présent au milieu de nous ».[359]
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Lorsque la famille accueille et va vers les autres, surtout vers les pauvres et les abandonnés, elle est « symbole, témoignage, participation de la maternité de l’Église ».[390] L’amour social, reflet de la Trinité, est en réalité ce qui unifie le sens spirituel de la famille et sa mission extérieure, car elle rend présent le kérygme avec toutes ses exigences communautaires. La famille vit sa spiritualité en étant en même temps une Église domestique et une cellule vitale pour transformer le monde.[391]   Lien vers le document.

Le bienheureux Paolo Manna comprit très bien que former et éduquer au mystère de l’Église et à sa vocation missionnaire intrinsèque représente une finalité qui concerne tout le saint Peuple de Dieu, dans la variété des états de vie et des ministères. « Parmi les devoirs de l’Union missionnaire, certains sont de nature culturelle, d’autres de nature spirituelle, d’autres enfin de nature pratique et organisative. L’Union missionnaire a le devoir d’illuminer, d’enflammer, d’agir en coordonnant les prêtres et, par leur intermédiaire, tous les fidèles, en ce qui concerne les missions ». Ainsi s’exprimait le fondateur de l’Union pontificale missionnaire en 1936 dans l’une de ses interventions historiques tenue au cours du deuxième Congrès international de l’Œuvre. Toutefois, former à la mission des évêques et des prêtres ne signifie pas réduire l’Union pontificale missionnaire à une réalité simplement cléricale, mais soutenir la hiérarchie dans son service à la tâche missionnaire de l’Église, qui appartient à tous: fidèles et pasteurs, époux et vierges consacrées, Église universelle et Églises particulières. En accomplissant ce service avec la charité qui leur est propre, les pasteurs maintiennent l’Église toujours et partout en état de mission, qui est toujours, en ultime analyse, l’œuvre de Dieu, et à laquelle participent, grâce au baptême, à la confirmation et à l’Eucharistie, tous les croyants.   Lien vers le document.

…aujourd’hui, nous faisons souvent l’expérience d’une « désertification spirituelle ». Surtout là où l’on vit comme si Dieu n’existait pas, nos communautés chrétiennes sont appelées à être des « amphores » qui désaltèrent avec l’espérance, des présences en mesure d’inspirer la fraternité, la rencontre, la solidarité, l’amour authentique et désintéressé ( cf.Exhort. ap. Evangelii gaudium, nn. 86-87 ) ; celles-ci sont tenues d’accueillir et de raviver la grâce de Dieu, pour ne pas se fermer sur elles-mêmes et s’ouvrir à la mission. Il n’est pas possible en effet de communiquer la foi en la vivant de manière isolée ou en groupes fermés et séparés, dans une sorte de fausse autonomie et d’immanentisme communautaire. En agissant de la sorte, on ne parvient pas à répondre à la soif de Dieu qui nous interpelle et qui émerge également de multiples nouvelles formes de religiosité.
Celles-ci risquent parfois d’entraîner le repli sur soi et sur ses propres besoins, favorisant une sorte de « consumérisme spirituel ». Par conséquent, si les hommes de notre temps « ne trouvent pas une spiritualité qui les guérisse, les libère, les comble de vie et de paix et les appelle en même temps à la communion solidaire et à la fécondité missionnaire, ils finiront par être trompés par des propositions qui n’humanisent pas ni ne rendent gloire à Dieu » ( cf. ibid., n. 89 ).   Lien vers le document.

En ce moment, je pense également avec admiration en particulier aux nombreux prêtres, religieux et fidèles laïcs qui, dans le monde entier, se consacrent à l’annonce de l’Évangile avec un grand amour et une grande fidélité, souvent au prix de leur vie. Leur témoignage exemplaire nous rappelle que l’Église n’a pas besoin de bureaucrates et de fonctionnaires zélés, mais de missionnaires passionnés, dévorés par l’ardeur d’apporter à tous la parole réconfortante de Jésus et sa grâce. Cela est le feu de l’Esprit Saint. Si l’Église ne reçoit pas ce feu ou ne le laisse pas entrer en elle, elle devient une Église froide ou seulement tiède, incapable de donner la vie, car elle est faite de chrétiens froids et tièdes.   Lien vers le document.

Les lieux dont vous provenez sont différents et éloignés les uns des autres, et ils appartiennent à la grande constellation de ce qu’on appelle les « territoires de mission ». C’est pourquoi chacun de vous a le grand privilège, et en même temps la responsabilité, d’être en première ligne dans l’évangélisation. A l’image du Bon Pasteur, vous êtes invités à prendre soin du troupeau et à aller à la recherche des brebis, en particulier celles qui sont loin ou perdues ; à rechercher de nouvelles modalités pour l’annonce, pour aller à la rencontre des personnes et aider ceux qui ont reçu le don du baptême à grandir dans la foi, pour que les croyants, y compris les « tièdes » ou non pratiquants, découvrent à nouveau la joie de la foi et une fécondité évangélisatrice (cf. Exhort. apost. Evangelii gaudium, n. 11). C’est pourquoi je vous encourage à rencontrer également les brebis qui n’appartiennent pas encore à l’enclos du Christ: en effet, « l’évangélisation est essentiellement liée à la proclamation de l’Évangile à ceux qui ne connaissent pas Jésus Christ ou l’ont toujours refusé » (ibid., n. 14).   Lien vers le document.

je voudrais m’arrêter sur la dimension missionnaire de l’appel chrétien. Celui qui s’est laissé attirer par la voix de Dieu et s’est mis à la suite de Jésus découvre bien vite en soi l’irrésistible désir de porter la Bonne Nouvelle à ses frères, à travers l’évangélisation et le service de la charité. Tous les chrétiens sont constitués missionnaires de l’Évangile! Le disciple, en effet, ne reçoit pas le don de l’amour de Dieu pour une consolation privée ; il n’est pas appelé à porter lui-même ni à défendre les intérêts d’une entreprise ; il est simplement touché et transformé par la joie de se sentir aimé de Dieu et il ne peut pas garder cette expérience pour lui-même : « La joie de l’Évangile qui remplit la vie de la communauté des disciples est une joie missionnaire ». (Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 21) .   Lien vers le document.