Religieux de Saint-Vincent de Paul (r.s.v.) 

Fondation jusqu’à aujourd’hui

Les Religieux de Saint-Vincent-de-Paul forment une congrégation religieuse catholique de frères et pères instituée à Paris, le 3 mars 1845, par le vénérable Jean-Léon Le Prévost (10 août 1803 à Caudebec-en-Caux – 1874), accompagné par Clément Myionnet et Maurice Maignen pour l’évangélisation de milieux populaires. La Maison générale des Religieux de St-Vincent de Paul est située à Rome en Italie. À partir de 1884, la congrégation essaime au Canada, mais elle est définitivement approuvée par le Saint-Siège (Pie IX), le 13 avril 1906. Le nom de Frères de Saint-Vincent de Paul est modifié en 1958 pour celui de « Religieux de Saint-Vincent-de-Paul ». Ce changement soulignait que la congrégation ne se composait plus uniquement de religieux frères, mais qu’elle intégrait désormais aussi des religieux prêtres.

Mission globale

La mission précise, reconnue par l’Église, consiste à l’évangélisation des familles des milieux populaires, spécialement de leurs membres les plus défavorisés, par les oeuvres de zèle et de miséricorde. Serviteurs du Peuple de Dieu, les Religieux de Saint-Vincent-de-Paul portent dans leur coeur l’intuition de foi du Père Le Prevost : former Jésus Christ en eux et attirer le monde à Lui par les oeuvres.

Dans un monde marqué par l’athéisme, l’indifférence religieuse et l’immoralité, Pères et Frères travaillent ardemment à l’oeuvre de sanctification, les yeux sur Jésus, leur type et modèle, sur saint Vincent son imitateur fidèle. Ils s’adonnent explicitement à une éducation de la foi auprès de la famille, de l’enfance, de la jeunesse et des adultes. L’action apostolique porte ses fruits à travers les pauvres et les ouvriers, les familles et les jeunes, les patros et les maisons d’oeuvres, les paroisses et les chapelles.

Au Québec

Les Conférences de St-Vincent-de-Paul, fondées en France en 1833 par le Bienheureux Frédéric Ozanam, s’établissent à Québec en 1846. Leur objectif est de venir en aide aux pauvres et aux démunis des milieux urbains. Devant l’ampleur du travail à accomplir, les membres des Conférences font appel aux Frères de Saint-Vincent-de-Paul. Les religieux débarquent donc à Québec en 1884, fondent leur première maison, et s’activent rapidement au service des enfants pauvres de la ville de Québec pour les instruire, les vêtir, les nourrir et les éduquer dans la foi chrétienne. Il s’agit du premier patronage, à la Côte d’Abraham. Rapidement, ils ouvrent d’autres maisons à Lévis, dans le quartier Saint-Sauveur à Québec, à Saint-Hyacinthe, à Montréal, à Jonquière ainsi qu’à Ottawa.

Spiritualité et charisme

Spiritualité inspirée des Saint Vincent de Paul, Saint François de Sales, Notre-Dame de La Salette et Notre-Dame du Bon Conseil.

Œuvrer comme serviteurs de Dieu, humbles, dévoués, patients et charitables », à l’exemple de Saint Vincent, saint protecteur de la congrégation. En correspondance fidèle à la grâce de Saint Vincent, épouser une vie de renoncement à soi, généreuse et constante, dans un esprit de prière, dans l’amour de l’oraison et la sainte Eucharistie. Selon les termes mêmes du fondateur, Jean-Léon Le Prevost la première oeuvre et l’essentielle affaire de la Congrégation, c’est d’aimer Dieu. Cette charité pour Dieu doit inspirer toute leur vie de consacrés et d’apôtres. On met en évidence trois grands points à sauvegarder: l’esprit de piété ou de vie intérieure, l’esprit de famille ou de communauté et l’esprit de zèle et de dévouement.

Mission ad gentes

Les Religieux de Saint-Vincent de Paul sont présents dans cinq autres pays : France, Brésil, Burkina Faso, Côte d’Ivoire et République démocratique du Congo. Près d’une vingtaine de Religieux de Saint-Vincent de Paul, de souche canadienne, ont œuvré en terre brésilienne, là où est formée depuis 60 ans la province du Brésil. Trois prêtres québécois y vivent encore aujourd’hui : les pères Gabriel Fortier (qui était de l’équipe de fondation, maintenant âgé de 98 ans), Léo Ducharme et Clet Leclerc.

Également au service de la mission RSV, le père Marc-André Couture est quant à lui au Congo depuis 27 ans.

En savoir plus...

Les Religieux de Saint-Vincent de Paul débarquent à Québec en 1884 pour prendre en charge les patronages de la Société Saint-Vincent de Paul. Ils vont alors développer une structure d’encadrement qui comprend plusieurs types d’associations et qui a comme objectif de former une élite du milieu populaire. De plus, pour attirer et garder les garçons dans leur oeuvre, les religieux innovent en leur proposant des jeux et des sports dans les patronages. Globalement, ils offrent la possibilité aux jeunes du milieu ouvrier de parfaire leur connaissance religieuse par l’intermédiaire des congrégations mariales et, par les cercles d’études, la possibilité d’accéder à une formation sociale souvent inaccessible pour eux. En 1884 et les années 1930, dans l’optique d’une formation intégrale, ils mettent sur pied l’essentiel de leur structure d’encadrement dont le principe directeur est la structure de progression des jeunes. Celle-ci fait en sorte que les jeunes sont graduellement amenés à développer diverses responsabilités à l’égard de l’oeuvre tout en cumulant de plus en plus d’activités. L’originalité des patronages est d’avoir été le premier type d’association spécialement destinée et conçue pour les jeunes du monde ouvrier.

En ce sens, les patronages ont ouvert la voie pour les mouvements d’action catholique spécialisée en monde ouvrier. Le Patronage Saint-Vincent-de-Paul offre de plus des services aux adultes (via les associations d’Anciens, pour que les garçons, devenus adultes, restent en contact avec le Patronage), aux personnes âgées et aux handicapés. Dans les années 1960, il ouvrira ses portes aux jeunes filles, comme les autres patronages de la région de Québec.

Les six patronages dirigés par les Religieux de Saint-Vincent-de-Paul, les « Patros », visent à encadrer les enfants de la région de Québec, d’abord des milieux populaires, puis de tous les milieux, pour les occuper dans leurs temps libres. Au début du XXe siècle, les autorités religieuses craignent les effets du développement rapide des villes, comme Québec, qui brisent à leur avis la cellule familiale, et offrent aux jeunes des loisirs prescrits, espérant les détourner de la danse, des bars et d’autres activités jugées malsaines. Elles craignent que, souvent laissés sans surveillance, par exemple pendant les vacances scolaires, après l’école ou pendant les jours de congé, les jeunes ne tombent dans l’oisiveté ou pire, dans la délinquance et le vice. C’est ce qui explique le développement de loisirs urbains, comme les Patros (à partir de 1884) et l’OEuvre des Terrains de Jeux (1929). L’encadrement des jeunes, surtout des garçons, par le biais des loisirs organisés et surveillés, permet aussi, espère-t-on, de réaffirmer les valeurs traditionnelles. Cet encadrement par les loisirs favorise une prise en charge « intégrale » des jeunes, principe à la base d’une éducation catholique. Les Patros offrent ainsi, en plus des loisirs, du soutien scolaire et des éléments de formation économique, artistique, religieuse, citoyenne, etc.

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CHRONOLOGIE SOMMAIRE

1845 : Fondation de la communauté à Paris par Jean-Léon Le Prevost, Clément Myionnet et Maurice Maignen.

1884 : La communauté arrive au Québec. 1908 : La communauté prend charge de la paroisse Saint-Georges de Montréal.

1909 : Ouverture du Patronage Le Prévost à Montréal.

1914 : Le Patronage Le Prévost déménage dans un immeuble neuf sur la rue Saint-Dominique.

2000 : La communauté oeuvre dans les institutions et localités suivantes : maison provinciale, Patronage et paroisse Saint-Vincent-de-Paul, à Laval, Patronage Roc-Amadour, Patronage Notre-Dame, scolasticat et noviciat Saint-Vincent-de-Paul et villa Saint-Vincent, à Québec; Patronage Notre-Dame, à Lévis ; Séminaire Saint-Augustin, à Saint-Augustin-de-Desmaures ; Patronage Le Prévost et Institut Dominique-Savio, à Montréal ; Patronage Saint-Vincent-de-Paul, à Jonquière. Un parc de Montréal porte le nom du fondateur de la communauté. Le parc et le patro Le Prévost de Montréal honorent la mémoire de l’un des fondateurs de cette communauté.