Missionnaires d’Afrique ou Pères Blancs (M.Afr.)

Fondation jusqu’à aujourd’hui

La Société des Missionnaires d’Afrique a été fondée en 1868, en Algérie, par Mgr Charles Lavigerie, archevêque d’Alger.

Homme de foi et de décision, Monseigneur Lavigerie vouait une véritable passion pour Dieu et pour son prochain. Il était intuitif, doué d’un esprit visionnaire et d’un charisme reconnu de grand organisateur. Il a su allumer le feu sacré pour la mission en des centaines de jeunes hommes et femmes qui ont répondu à son interpellation à quitter la terre d’Alger vers les contrées du centre de l’Afrique. Il croyait en un avenir prometteur pour les Africains et les Africaines.

En 1874, deux jeunes Missionnaires sont envoyés à Montréal pour témoigner de leur travail en Algérie, Kabylie et au Sahara, et pour solliciter l’aide des Canadiens dans la mission. La semence croît… Quelques années plus tard, soit en 1886, se réalise le premier départ pour Alger d’un futur Père Blanc canadien, le montréalais John Forbes. À partir ce jour, plus de 650 Canadiens lui ont emboîté le pas pour élargir la mission en Afrique.

Les Missionnaires d’Afrique ou Pères Blancs sont ainsi devenus un grand groupe international de prêtres et de frères qui consacrent leur vie entière à l’annonce de l’Évangile, particulièrement en Afrique et aux Africains.
Aujourd’hui, dans l’Église catholique, le nom retenu est « Société des Missionnaires d’Afrique » qui s’accompagne d’un statut de Société de vie apostolique. Mais le nom de « Pères Blancs » demeure souvent le plus utilisé; il trouve son origine dans l’époque où les Missionnaires d’Afrique portaient une espèce de robe blanche, appelée « gandoura » en Afrique du Nord, alors qu’ailleurs les autres prêtres portaient une soutane noire.

Mission globale

Près d’un siècle et demi après sa fondation, la Société des Missionnaires d’Afrique reste attachée à l’inspiration première de son fondateur, et ce, dans un contexte social, culturel et religieux qui a évolué profondément.

Aujourd’hui, les Missionnaires d’Afrique sont au nombre d’environ 1210, parmi 36 nationalités, dans plus ou moins 215 communautés, qui travaillent dans 42 pays, dont 22 pays africains. La mission se vit dans le cadre des Églises locales et se distingue en même temps par une attention particulière vers les lieux de première évangélisation et par l’engagement pour la justice et pour la paix, au nom de l’Évangile. Les Missionnaires d’Afrique témoignent d’une sensibilité particulière à tout ce qui concerne le monde de l’Islam, et beaucoup d’entre eux sont engagés dans le dialogue interreligieux, que ce soit en Afrique même ou dans la vieille Europe.

Longtemps constituée par des hommes venus d’Europe et de l’Amérique du Nord, engagés comme prêtres ou comme frères, la congrégation des Missionnaires d’Afrique sont rejoints aujourd’hui par de nombreux jeunes venus d’Afrique même, mais aussi d’Asie et des pays latino-américains. L’ensemble de l’Institut compte actuellement autour de 1,210 membres et sa Maison générale se trouve à Rome. La plupart des centres de formation se situent en Afrique, mais aussi en Asie, en Amérique et en Europe.

Spiritualité et charisme

La source de la spiritualité des Missionnaires d’Afrique réside dans l’amour fraternel et la passion de l’évangile qu’ils propagent. La spiritualité se vit également dans le témoignage de la vie de communauté qui rassemble des prêtres et des frères d’origine, de culture, d’âge et de sensibilité différentes. D’inspiration ignacienne, la vie spirituelle s’appuie sur la fidélité à la Parole de Dieu qui nourrit et fortifie la relation au Christ. Elle s’incarne entre autres dans la participation à la vie de l’Église. L’expérience de la fragilité, ainsi que la simplicité des gens, particulièrement dans leurs dévotions populaires, conduisent les membres à accueillir la grâce de Dieu. La grâce porte à la réconciliation et fait jaillir force, espérance et sérénité à travers les luttes et les souffrances. Cette voie spirituelle avec ses charismes ouvre vers les périphéries. Elle s’enrichit d’une sensibilité accrue aux réalités du monde actuel qui encourage à oser le changement en vue de l’avènement du Royaume de Dieu.

Mission ad gentes

Les Missionnaires d’Afrique d’origine québécoise, toujours en terre de mission, sont au nombre de 16 : 3 sont à Rome, 2 en Zambie, 4 au Malawi ainsi que 1 missionnaire dans chacun des pays suivants: Afrique du Sud, Ghana, Kenya, Mauritanie, Burkina Faso, Algérie et Inde.

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Mgr Lavigerie

Né en France, il y poursuivit une brillante carrière ecclésiastique. Il fut professeur d’histoire de l’Église à la Sorbonne, Paris, directeur d’une oeuvre pour aider les chrétiens orientaux (voyage en Syrie où il rencontre le sultan algérien, l’émir Abd el-Kader), diplomate français à Rome, évêque de Nancy. Il deviendra cardinal.

Par son exemple et par ses paroles, il a enseigné à aller à la rencontre des croyants de l’islam, des pratiquants des religions traditionnelles, des Africains et des Africaines, « à la manière de Jésus », en s’inspirant de la Bible et des Évangiles.

Oeuvres sociales, dispensaires, écoles, développement rural : tel sera leur travail au début en Algérie. Mais Lavigerie voit grand. En acceptant l’archevêché d’Alger, il avait écrit à un de ses amis : « L’Algérie n’est qu’une porte ouverte sur un continent… » Après l’ouverture du noviciat, en 1868, les vocations arrivent assez nombreuses pour qu’en 1876 une première caravane de trois missionnaires puisse partir pour Tombouctou. Malheureusement, ils seront massacrés tous les trois par les nomades du désert.

Deux ans après, en 1878, une autre caravane de plusieurs missionnaires arrive au port de Mombasa, sur la côte est de l’Afrique. Après trois mois de marche, elle atteint les rives du Lac Victoria et s’établit en Uganda. D’autres caravanes suivront, souvent dans des conditions difficiles. L’aventure africaine des Pères Blancs était en marche.

À la mort du Cardinal Lavigerie, en 1892, 278 Missionnaires d’Afrique, de 5 nationalités, travaillaient déjà dans 6 pays : Algérie, Tunisie, Uganda, Tanzanie, Congo et Zambie.

Après sa mort (26 novembre 1892), la renommée de Lavigerie s’est amplifiée au fur et à mesure que les historiens étudiaient sa participation active aux grands évènements de son époque, dans le monde, à travers la lutte antiesclavagiste. Dans l’Église, entre autres entreprises, il fut l’un des inspirateurs et l’organisateur hors pair des grandes missions catholiques vers l’Afrique centrale en même temps qu’il voulait ressusciter l’Église nord-africaine des saints Cyprien, Perpétue et Félicité, Monique et Augustin.

Un an après la fondation des Missionnaires d’Afrique – Pères Blancs, Mgr Lavigerie fonde, en 1869, la Congrégation des Soeurs missionnaires de Notre Dame d’Afrique.