< Retour aux ressources

« Rendre à Dieu ce qui est à Dieu »

« Rendre à Dieu ce qui est à Dieu »
- Par les OPM d’Italie, d’Inde et des É-U, avec l'UPM

À l’occasion des dimanches du Mois missionnaire d’octobre 2026, nous sommes heureux de vous proposer des méditations préparées pour l’ensemble du mois dans le cadre d’une collaboration entre les directions nationales des Œuvres pontificales missionnaires d’Italie, d’Inde et des États-Unis, avec le Secrétariat international de l’Union pontificale missionnaire (UPM).

Dimanche, 18 octobre 2026. 100e Journée mondiale des missions

29ème dimanche du Temps Ordinaire

Is 45,1.4-6; Ps 95; 1Th 1,1-5b; Mt 22,15-21

En cette 100e Journée mondiale des missions, alors que nous prions pour les missionnaires du monde entier et pour tous ceux à qui ils s’efforcent d’apporter Jésus et son œuvre salvatrice, l’Évangile nous rappelle le cœur de l’Évangile : que Dieu nous a créés par amour à sa propre image et ressemblance, que nous sommes à lui, et qu’il nous appelle à la vie avec lui.

Ces vérités sont révélées dans la conversation houleuse de Jésus avec les pharisiens et les hérodiens.

Ces deux groupes — respectivement rigoristes et laxistes, et donc généralement opposés l’un à l’autre — conspirent ensemble pour tendre un piège à Jésus. Leur question semble simple, mais elle est calculée avec malice : « Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? »

S’il avait répondu oui, ils le savaient, Jésus risquait de s’aliéner le peuple. S’il avait répondu non, il aurait pu être accusé d’inciter à la rébellion contre Rome. Mais Jésus ne se laissa pas piéger. Il demanda plutôt une pièce de monnaie et posa une question plus profonde : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? ». Lorsqu’ils répondirent : « De César », il répliqua : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »

La réponse de Jésus est plus qu’une brillante échappatoire à un dilemme politique. Il nous conduisait au-delà d’une question d’impôts vers la vérité de notre identité. Si la pièce porte l’image de César et appartient à César, alors ce qui porte l’image de Dieu appartient à Dieu. Comme l’atteste le premier chapitre de la Bible, nous avons été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu. Par le baptême, cette réalité créée a été intensifiée : nous avons été unis au Christ, faits enfants du Père et temples de l’Esprit Saint. Nous n’appartenons pas partiellement à Dieu. Nous lui appartenons entièrement. Il nous revendique avec amour comme à lui. Tel est le fondement de notre vie chrétienne et de notre mission chrétienne.

La Mission ne commence pas par ce que nous disons ou faisons, mais par ce que nous sommes. Lorsque nous reconnaissons que notre vie est un don de Dieu et lui appartient en définitive, tout change. Notre temps, nos relations, notre travail, nos ressources — tout devient partie d’une offrande de nous-mêmes à lui avec gratitude et amour.

Le pape Léon XIV, dans son message pour cette Journée mondiale des missions, a écrit que « plus nous serons unis dans le Christ, plus nous pourrons accomplir ensemble la mission qu’il nous confie. » De cette union avec Dieu, et en lui les uns avec les autres, découle toute fécondité missionnaire.

C’est pourquoi l’Évangile nous interpelle aujourd’hui. Beaucoup d’entre nous essaient de vivre des vies divisées. Nous compartimentons. Peut-être donnons-nous quelque chose à Dieu, voire beaucoup à Dieu, mais nous nous réservons certaines choses. Jésus, cependant, nous appelle à un don total, à aimer Dieu non pas seulement avec une partie, ou même la plupart, de notre esprit, cœur, âme et forces, mais avec tout.

 « Rendre à Dieu ce qui est à Dieu » signifie lui donner ce qu’il nous a donné — et il nous a donné notre vie, notre temps, nos talents, nos relations, nos ressources matérielles, tout ce que nous sommes et tout ce que nous avons. Cela signifie le considérer non seulement comme une partie de notre vie, mais comme sa source, son sommet, sa racine et son centre. Cela signifie également vivre à l’image de la Trinité, dans une communion aimante de personnes avec nos frères et sœurs. Tel est le cœur de la Mission, alors que nous et toute l’Église cherchons à proclamer au monde à l’image de qui ils ont été créés et cherchons à les amener à une vraie communion avec Dieu et avec nous.

En cette Journée mondiale des missions, nous nous rappelons que Dieu s’intéresse à 100 sur 100, à 8,1 milliards sur 8,1 milliards. Comme l’a écrit Paul VI pour cette célébration en 1971, « S’il y a jamais eu un moment où les chrétiens, plus que jamais dans le passé, sont appelés à être une lumière qui illumine le monde, une ville située sur une montagne, un sel qui donne de la saveur à la vie des hommes, c’est, sans aucun doute, notre temps. Nous avons, en fait, l’antidote au pessimisme, aux sombres pressentiments, au découragement et à la peur dont souffre notre époque. Nous avons la Bonne Nouvelle ! »

Aujourd’hui, le Seigneur nous invite donc à regarder à nouveau nos vies, non comme quelque chose que nous possédons, mais comme quelque chose que nous avons reçu en don et dont nous sommes les intendants. Il nous demande de lui remettre ce don, librement et pleinement, en particulier par la façon dont nous utilisons le don de la vie pour aider à amener les autres à lui. La façon dont nous reflétons le mieux l’image divine est d’imiter les missions du Fils et de l’Esprit Saint et de coopérer avec le plan d’amour sauveur de Dieu le Père, afin qu’aucun de ses enfants ne périsse mais parvienne à la vie éternelle.

Pape François, Angélus, place Saint-Pierre, dimanche, 18 octobre 2020

L’évangile de ce dimanche (Mt 22, 15-21) nous montre Jésus aux prises avec l’hypocrisie de ses adversaires. Ils lui font beaucoup de compliments — au début, beaucoup de compliments —, mais ils posent ensuite une question insidieuse pour le mettre en difficulté et le discréditer auprès du peuple. Ils lui demandent : « Est-il ou non légal de payer l’impôt à César?» (v. 17), c’est-à-dire payer les taxes à César. A cette époque-là, en Palestine, la domination de l’empire romain était mal tolérée — et on le comprend, c’étaient des envahisseurs —, également pour des raisons religieuses. Pour la population, le culte de l’empereur également souligné par son image sur les pièces de monnaie, était une injure au Dieu d’Israël. Les interlocuteurs de Jésus sont convaincus qu’il n’y a pas d’alternative à leur question : soit un «oui», soit un «non». Ils attendaient, parce que précisément avec cette question ils étaient certains de mettre Jésus en difficulté et de le faire tomber dans leur piège. Mais Il connaît leur malice et il se libère du piège. Il leur demande de lui montrer une pièce de monnaie, la monnaie des taxes, la monnaie de l’impôt, il la prend dans ses mains et il demande de qui est l’image imprimée. Ils répondent que c’est celle de César, c’est-à-dire de l’empereur. Alors, Jésus répond : « Rendez donc à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu» (v. 21).

À travers cette réponse, Jésus se place au-dessus de la polémique, Jésus est toujours au-dessus. D’une part, il reconnaît que l’on doit payer l’impôt à César — cela vaut pour nous aussi, on doit payer les impôts —, car l’image sur la pièce est la sienne ; mais surtout il rappelle que toute personne porte en elle une autre image — nous la portons dans notre cœur, dans notre âme — : celle de Dieu, et c’est donc envers lui, et envers lui seul, que chacun de nous est débiteur de sa propre existence, de sa vie.

Dans cette sentence de Jésus, on ne trouve pas seulement le critère de la distinction entre la sphère politique et la sphère religieuse, mais des directives claires apparaissent également pour la mission des croyants de tous les temps, également pour nous aujourd’hui. Payer les impôts est un devoir des citoyens, tout comme le respect des lois justes de l’Etat. Dans le même temps, il est nécessaire d’affirmer la primauté de Dieu dans la vie humaine et dans l’histoire, en respectant le droit de Dieu sur ce qui lui appartient. […]

Benoit XVI, Messe pour la Nouvelle Évangélisation, Homélie, dimanche, 16 octobre 2011

[…] La deuxième lecture est le début de la Première Lettre aux Thessaloniciens, et rien que cela est très suggestif, car il s’agit de la lettre la plus ancienne qui nous soit parvenue du plus grand évangélisateur de tous les temps, l’apôtre Paul. Il nous dit avant tout que l’on n’évangélise pas de façon isolée : en effet, lui aussi avait comme collaborateurs Silvain et Timothée (cf. 1 Th 1, 1) et beaucoup d’autres. Et il ajoute immédiatement après une autre chose très importante : que l’annonce doit être toujours précédée, accompagnée et suivie par la prière. Il écrit en effet : « Nous rendons grâces à Dieu à tout moment pour vous tous, en faisant mention de vous sans cesse dans nos prières » (v. 2). L’Apôtre se dit ensuite bien conscient du fait que ce n’est pas lui, mais Dieu qui a choisi les membres de la communauté : « Vous avez été choisis », affirme-t-il (v. 4). Chaque missionnaire de l’Evangile doit toujours tenir compte de cette vérité : c’est le Seigneur qui touche les cœurs avec sa Parole et son Esprit, en appelant les personnes à la foi et à la communion dans l’Eglise. […]

Nous nous arrêtons à présent sur le passage de l’Evangile. Il s’agit du texte sur la légitimité de l’impôt à payer à César, qui contient la célèbre réponse de Jésus : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (Mt 22, 21). Mais, avant d’arriver à ce point, il y a un passage qui peut se référer à ceux qui ont la mission d’évangéliser. En effet, les interlocuteurs de Jésus — les disciples des Pharisiens et les Hérodiens — s’adressent à Lui en des termes élogieux, en disant : « Nous savons que tu es véridique et que tu enseignes la voie de Dieu en vérité sans te préoccuper de qui que ce soit » (v. 16). C’est précisément cette affirmation qui, bien que suscitée par l’hypocrisie, doit attirer notre attention. Les disciples des Pharisiens et les Hérodiens ne croient pas ce qu’ils disent. Ils l’affirment uniquement comme pour se faire entendre, mais leur cœur est bien loin de cette vérité ; au contraire, ils veulent attirer Jésus dans un piège pour pouvoir l’accuser.

Pour nous, en revanche, cette expression est précieuse et vraie : en effet, Jésus est véridique et enseigne la voie de Dieu en vérité, sans se préoccuper de qui que ce soit. Lui-même est ce « chemin de Dieu », que nous sommes appelés à parcourir. Nous pouvons rappeler ici les paroles de Jésus lui-même, dans l’Evangile de Jean : « Je suis le chemin, la vérité, la vie » (14, 6). A ce propos, le commentaire de saint Augustin est illuminant : « Il lui fallait dire […] : “Je suis la voie, et la vérité et la vie”, puisque, étant connu le chemin par lequel il marchait, il ne restait à connaître que l’endroit où il allait, […] parce qu’il allait à la vérité, à la vie … Et nous, où allons-nous, si ce n’est à lui-même ? et par où y allons-nous, si ce n’est par lui-même ? » (In Ioh 69, 2). Les nouveaux évangélisateurs sont appelés à marcher en premier sur cette Voie qui est le Christ, pour faire connaître aux autres la beauté de l’Evangile qui donne la vie. […]

Une brève réflexion également sur la question centrale de l’impôt à César. […] Un auteur anonyme écrit : « L’effigie de Dieu n’est pas frappée sur l’or, mais sur le genre humain. La monnaie de César est l’or, celle de Dieu est l’Humanité… Donne donc ta richesse matérielle à César, mais réserve à Dieu l’innocence unique de ta conscience, où Dieu est contemplé… En effet, César a exigé que son effigie apparaisse sur chaque pièce, mais Dieu a choisi l’Homme, qu’il a créé, pour refléter sa gloire » (Anonyme, Œuvre incomplète sur Matthieu, homélie 42). Saint Augustin a utilisé à plusieurs reprises cette référence dans ses homélies : « Si César cherche son effigie sur la monnaie, Dieu ne cherche-t-il point son image dans l’Homme ? » (En. in Ps., Psaume 94, 2).

 

 

 

 

(Pexels.com / Caroline Veronez)

 

Partager sur les médias sociaux:
Partager sur les médias sociaux:

Infolettre

Abonnez-vous à notre infolettre pour recevoir les toutes dernières nouvelles de nos oeuvres! Billets de blogue, nouvelles, vidéos et contenus exclusifs vous attendent à chaque mois!

Le Pape compte sur votre engagement

Contribuez au développement de l'Église en terre de mission, et apportez l'espoir du Christ.

Faire un don