L’invitation de Dieu doit rejoindre tous: Dieu de miséricorde et de transformation intérieure
L’invitation de Dieu doit rejoindre tous: Dieu de miséricorde et de transformation intérieure
- Par les OPM d’Italie, d’Inde et des É-U, avec l'UPM
À l’occasion des dimanches du Mois missionnaire d’octobre 2026, nous sommes heureux de vous proposer des méditations préparées pour l’ensemble du mois dans le cadre d’une collaboration entre les directions nationales des Œuvres pontificales missionnaires d’Italie, d’Inde et des États-Unis, avec le Secrétariat international de l’Union pontificale missionnaire (UPM).
Dimanche, 11 octobre 2026
28ème dimanche du Temps Ordinaire
Is 25,6-10a; Ps 22; Ph 4,12-14.19-20; Mt 22,1-14
La liturgie d’aujourd’hui se déploie devant nous comme une magnifique vision de la générosité de Dieu, une vision qui parle profondément à l’identité missionnaire de l’Église. Au centre de la Parole de Dieu se dresse une image puissante et récurrente : un banquet préparé par Dieu lui-même. Ce n’est pas un hasard. Les Écritures utilisent le langage de la fête pour décrire le salut, la communion, la joie et la plénitude.
Dans la première lecture tirée d’Isaïe, nous entendons l’une des promesses les plus consolantes de la Bible : « Le Seigneur de l’univers préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin de viandes grasses et de vins capiteux, un festin de viandes succulentes et de vins décantés ». Il ne s’agit pas simplement d’images poétiques ; c’est une révélation théologique. Le dessein de Dieu est universel. Le banquet n’est pas préparé pour quelques élus, ni pour les parfaits, ni pour les privilégiés, mais pour tous les peuples. Ici nous rencontrons le fondement le plus profond de la Mission. L’Église ne crée pas sa vocation missionnaire ; elle la reçoit du cœur même de Dieu, qui désire que toute l’Humanité soit rassemblée dans sa vie.
Isaïe poursuit avec des paroles d’une profonde espérance : Dieu enlèvera le voile qui couvre les nations, il détruira la mort pour toujours et il essuiera les larmes de tout visage. Le salut n’est pas décrit comme une fuite, mais comme une guérison ; non comme une exclusion, mais comme une restauration. La Mission est donc participation à l’œuvre de vie et de consolation de Dieu. Elle est l’extension de la miséricorde divine dans les blessures du monde.
Le Psaume 22 fait écho à cette même vision à travers l’image tendre du berger : « Le Seigneur est mon berger […]. Tu prépares la table pour moi ». Même dans la vallée de l’ombre de la mort, il n’y a pas à craindre. Pourquoi ? Parce que la présence de Dieu transforme tout. La vie chrétienne est soutenue par la générosité divine. La gratitude devient le terrain d’où naît la Mission. Celui qui a fait l’expérience de la sollicitude de Dieu ne peut rester enfermé en lui-même.
Saint Paul, en écrivant aux Philippiens, révèle la liberté intérieure du disciple missionnaire : « je sais vivre de peu, je sais aussi être dans l’abondance » (Ph 4,12). Le secret de Paul n’est pas la force personnelle, mais la confiance centrée sur le Christ : « Je puis tout en celui qui me donne la force ». La vie missionnaire passe inévitablement à travers les difficultés et les consolations, la pauvreté et l’abondance. Et pourtant, lorsque le Christ devient le véritable trésor, les circonstances perdent leur tyrannie.
Paul exprime aussi sa gratitude pour la solidarité de la communauté : « Vous avez bien fait de vous montrer solidaires quand j’étais dans la gêne » (Ph 4,14). La Mission n’est jamais une entreprise isolée. Elle est soutenue par la prière, la générosité, le sacrifice et la communion. Ici nous entendons l’enseignement constant des papes, spécialement dans leurs messages pour la Journée mondiale des missions. Le pape François nous rappelle sans cesse que la Mission appartient à toute l’Église. Certains sont envoyés, d’autres soutiennent, mais tous sont impliqués. L’Évangile avance à travers un réseau de foi et de charité.
Le pape François parle d’une Église qui « va de l’avant », une Église qui refuse de rester enfermée dans son confort ou dans un instinct de conservation. La Mission, insiste-t-il, naît de la rencontre avec le Christ et s’exprime à travers la compassion. L’évangélisation n’est pas une propagande ; elle est partage de joie. Elle est le débordement naturel d’un cœur touché par la miséricorde.
Le pape Léon XIV, poursuivant cette vision missionnaire, appelle l’Église à redécouvrir l’espérance comme force motrice de l’évangélisation. La Mission est soutenue par la certitude que le Christ est vivant et actif dans l’Histoire. Nous ne diffusons pas un message abstrait, mais nous témoignons d’un Seigneur vivant. L’espérance donne courage. L’espérance engendre la persévérance. L’espérance rend possible la Mission même dans un monde fatigué.
Dans l’évangile, Jésus présente la parabole du banquet de noces. Encore une fois, l’image de la fête. Mais nous rencontrons maintenant une tension dramatique : ceux qui sont invités refusent de venir. La tragédie n’est pas l’hostilité, mais l’indifférence. Ils sont distraits, préoccupés, absorbés par leurs propres soucis. Comme cela résonne d’actualité. La Mission aujourd’hui rencontre souvent non pas un rejet direct, mais un oubli silencieux, une vie encombrée de bruit et d’urgence.
Et pourtant le roi n’annule pas le banquet. Il élargit l’invitation : « Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce » (Mt 22,9). C’est la Mission dans sa forme la plus pure. L’Évangile s’étend vers l’extérieur. Les frontières se dissolvent. Les invités inattendus sont accueillis. Nous voyons ici le mandat missionnaire de l’Église : l’invitation de Dieu doit rejoindre tous, surtout ceux qui n’auraient jamais imaginé en être inclus.
Mais la parabole se conclut par un avertissement qui fait réfléchir : l’invité sans habit de noces. Il ne s’agit pas de correction extérieure, mais de transformation intérieure. La miséricorde de Dieu est universelle, mais elle n’est jamais superficielle. Accepter l’invitation signifie accepter la conversion. La Mission n’est pas seulement inclusion ; elle est participation à une vie façonnée par la grâce.
Le pape François et le pape Léon XIV soulignent cet équilibre essentiel. L’Église proclame une miséricorde sans limites et appelle à un véritable discipulat. L’Évangile console, mais il transforme aussi. L’amour divin nous accueille tels que nous sommes, mais il ne nous laisse jamais inchangés.
Ces lectures parlent directement à nos vies. Nous sommes invités au banquet. L’Eucharistie que nous célébrons est déjà l’anticipation du festin d’Isaïe. Ici le Christ rassemble son peuple. Ici le Ciel touche la Terre. Ici la gratitude devient mission. Chaque messe se termine par un envoi, nous rappelant que la foi doit s’étendre vers l’extérieur dans le témoignage.
Demandons-nous : vivons-nous comme des personnes conscientes d’avoir été invitées ? Notre foi rayonne-t-elle de joie ? Notre espérance est-elle visible aux autres ? Le monde aspire, souvent en silence, à un sens, à une guérison, à une espérance. L’Église est envoyée comme signe du banquet de Dieu — un signe que la communion est possible, que la miséricorde est réelle, que la vie triomphe de la mort. Les paroles d’Isaïe deviennent notre prière :« c’est lui le Seigneur, en lui nous espérions ; exultons, réjouissons-nous : il nous a sauvés ! » (Is 25,9). La Mission est, en définitive, cette joie partagée.
Pape François aux participants de l’Assemblée générale des Œuvres pontificales missionnaires, 3 juin 2023
Nous avons été envoyés pour continuer cette mission : être signe du Cœur du Christ et de l’amour du Père, en embrassant le monde entier. Nous trouvons ici le “cœur” de la mission évangélisatrice de l’Église : rejoindre chacun avec le don de l’amour infini de Dieu, chercher chacun, accueillir chacun, offrir la vie pour chacun sans exclure personne. Tous. C’est le mot-clé. Quand le Seigneur nous parle de cette fête de noces (cf. Mt 22,1-14) qui a mal tourné parce que les invités ne sont pas venus : un parce qu’il avait acheté une vache, un autre parce qu’il devait voyager, un autre qui s’était marié… que dit le Seigneur ? Allez aux croisées des chemins et invitez tout le monde, tous : sains et malades, méchants, bons, pécheurs… tous. Il est au cœur de la Mission : ce “tous”. Sans exclure personne. Tous. Chacune de nos missions naît donc du Cœur du Christ pour attirer tout le monde à lui. Et c’est là l’esprit mystique et missionnaire de la bienheureuse Pauline Marie Jaricot, fondatrice de l’Œuvre de la propagation de la foi, qui a été si dévouée au Sacré-Cœur de Jésus.
Pape François, Homélie, Messe et canonisation des bienheureux: André De Soveral, Ambrogio Francesco Ferro, Matteo Moreira et 27 Compagnons; Christophe, Antoine et Jean; Faustino Míguez; Angelo Da Acri, Place Saint-Pierre, 15 octobre 2017
La parabole que nous avons entendue nous parle du royaume de Dieu comme d’une fête de noces (cf. Mt 22, 1-14). Le protagoniste est le fils du roi, l’époux, dans lequel il est facile d’entrevoir Jésus. Dans la parabole, cependant, on ne parle jamais de l’épouse, mais des nombreux invités, désirés et attendus : ce sont eux qui revêtent l’habit nuptial. Ces invités, ce sont nous, nous tous, parce qu’avec chacun de nous le Seigneur désire «célébrer les noces». Les noces inaugurent la communion de toute la vie : c’est tout ce que Dieu désire avec chacun de nous. Alors, notre relation avec lui ne peut être seulement celle des sujets dévoués au roi, des serviteurs fidèles au patron ou des écoliers appliqués avec le maître, mais c’est surtout celle de l’épouse aimée avec l’époux. En d’autres termes, le Seigneur nous désire, nous cherche et nous invite, et il ne se contente pas que nous accomplissions bien nos devoirs et observions ses lois, mais il veut avec nous une véritable communion de vie, une relation faite de dialogue, de confiance et de pardon.
Voilà la vie chrétienne, une histoire d’amour avec Dieu, où le Seigneur prend gratuitement l’initiative et où aucun de nous ne peut revendiquer l’exclusivité de l’invitation : personne n’est privilégié par rapport aux autres, mais chacun est privilégié devant Dieu. De cet amour gratuit, tendre et privilégié naît et renaît toujours la vie chrétienne. […]
Mais l’évangile nous met en garde: l’invitation, toutefois, peut être refusée. Beaucoup d’invités ont dit non, parce qu’ils étaient pris par leurs intérêts: «Ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent, l’un à son champ l’autre à son commerce», dit le texte (Mt 22, 5). Une parole revient: son; c’est la clé pour comprendre le motif du refus. Les invités, en effet, ne pensait pas que les noces soient tristes ou ennuyeuses, mais simplement «ils n’en tinrent aucun compte»: ils étaient détournés par leurs intérêts, ils préféraient avoir quelque chose plutôt que de prendre des risques, comme l’amour le demande. Voilà comment se prennent les distances avec l’amour, non par méchanceté, mais parce qu’on préfère ce qui est à soi: les sécurités, l’auto-affirmation, les commodités. […]
Il y a un dernier aspect que l’évangile souligne: l’habit des invités est indispensable. Il ne suffit pas en effet de répondre une fois à l’invitation, de dire «oui» et puis c’est tout, mais il faut revêtir l’habit, il faut l’habitude de vivre l’amour chaque jour. Parce qu’on ne peut dire: «Seigneur, Seigneur» sans vivre et mettre en pratique la volonté de Dieu (cf. Mt 7, 21). Nous avons besoin de nous revêtir chaque jour de son amour, de renouveler chaque jour le choix de Dieu.
Pape François, Angélus, 12 octobre 2014
Dans l’évangile de ce dimanche, Jésus nous parle de la réponse donnée à l’invitation de Dieu — représenté par un roi — à participer à un banquet de noces (cf. Mt 22, 1-14). L’invitation revêt trois caractéristiques : la gratuité, la générosité, l’universalité. Les invités sont nombreux, mais quelque chose de surprenant se produit : aucun des élus n’accepte de prendre part à la fête, ils disent qu’ils ont autre chose à faire ; certains font même preuve d’indifférence, de détachement, voire d’irritation. Dieu est bon envers nous, il nous offre gratuitement son amitié, il nous offre gratuitement sa joie, son salut, mais souvent, nous n’accueillons pas ses dons, nous plaçons au premier plan nos préoccupations matérielles, nos intérêts et même quand le Seigneur nous appelle, souvent, il semble qu’il nous dérange.
Certains des invités vont jusqu’à maltraiter et tuer les serviteurs qui transmettent l’invitation. Mais, en dépit du manque d’adhésion des appelés, le projet de Dieu ne s’interrompt pas. Face au refus des premiers invités, Il ne se décourage pas, n’annule pas la fête, mais propose à nouveau l’invitation, en l’étendant au-delà de toute limite raisonnable et envoie ses serviteurs sur les places et aux croisées des chemins pour rassembler tous ceux qu’ils trouvent. Il s’agit de gens quelconques, pauvres, abandonnés et déshérités, même des bons et des méchants — même les méchants sont invités — sans distinction. Et la salle se remplit d’«exclus». L’évangile, rejeté par certains, trouve un accueil inattendu dans de nombreux autres cœurs.
La bonté de Dieu n’a pas de limites et ne discrimine personne : c’est pourquoi le banquet des dons du Seigneur est universel, pour tous. À tous est donnée la possibilité de répondre à son invitation, à son appel ; personne n’a le droit de se sentir privilégié ou de revendiquer une exclusivité. Tout cela nous pousse à vaincre l’habitude de nous placer confortablement au centre, comme le faisaient les chefs des prêtres et les pharisiens. Cela ne doit pas se faire ; nous devons nous ouvrir aux périphéries, en reconnaissant que même les exclus, même ceux qui sont rejetés et méprisés par la société sont l’objet de la générosité de Dieu. Nous sommes tous appelés à ne pas réduire le Royaume de Dieu aux limites de la «petite église» — notre «petite église» — mais à élargir l’Eglise aux dimensions du Royaume de Dieu. Il n’existe qu’une condition : revêtir l’habit nuptial, c’est-à-dire témoigner de la charité envers Dieu et envers le prochain.
(Photo: Pexels.com / Sayeed Chowdhury)
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