< Retour aux ressources

Une Église à l’image de Jésus et son Évangile

Une Église à l'image de Jésus et son Évangile
- Par les OPM d’Italie, d’Inde et des É-U, avec l'UPM

À l’occasion des dimanches du Mois missionnaire d’octobre 2026, nous sommes heureux de vous proposer des méditations préparées pour l’ensemble du mois dans le cadre d’une collaboration entre les directions nationales des Œuvres pontificales missionnaires d’Italie, d’Inde et des États-Unis, avec le Secrétariat international de l’Union pontificale missionnaire (UPM).

Dimanche, 4 octobre 2026

27ème Dimanche du Temps Ordinaire

Is 5,1-7; Ps 79; Ph 4,6-9; Mt 21,33-43

Selon la tradition évangélique, la veille de sa Passion, Jésus a raconté la parabole des vignerons meurtriers, dans laquelle il a préfiguré le drame de sa mort. La liturgie de ce dimanche la propose en rappelant un aspect de son message, celui qui concerne le dogme fondamental d’Israël, à savoir son identité de peuple élu.

En première lecture, le texte présente un passage d’Isaïe avec l’allégorie de la vigne, qui décrit l’amour de Dieu pour ce peuple qui, au lieu de lui être fidèle, s’est rebellé contre lui : une trahison qui consistait essentiellement en la transgression des normes contenues dans le Décalogue, lesquelles constituaient le fondement de l’alliance entre Dieu et Israël. Sans la pratique de la justice, l’alliance ne pouvait subsister et Isaïe l’a affirmé, en menaçant la destruction de la vigne.

Jésus reprend ce thème en s’adressant, comme Luc l’avait souligné peu avant, aux chefs des prêtres et aux anciens, c’est-à-dire aux gardiens de l’Alliance. Ceux-ci se considéraient comme les intermédiaires entre Dieu et son peuple, et en tiraient honneur, respect, pouvoir et avantages matériels. En vertu de cette prérogative, ils s’immisçaient dans la vie des gens, leur imposant des fardeaux qu’ils n’étaient pas eux-mêmes disposés à porter (Mt 23, 4). Et pour s’assurer ces privilèges, ils s’alliaient aux Romains et participaient avec eux à l’exploitation du peuple. Contre cette instrumentalisation de la religion, Jésus avait protesté en chassant du temple les vendeurs de colombes et les changeurs, qui agissaient pour le compte des prêtres.

Or, il compare ces derniers aux vignerons meurtriers qui se rebellent contre le maître de la vigne, annonçant leur ruine et le transfert de son alliance à d’autres. Matthieu laisse entendre que Jésus faisait référence à l’Église qui, selon Paul, représente l’Israël des derniers temps, dépositaire de la nouvelle alliance promise par les prophètes. Malheureusement, au fil des siècles, les chefs de l’Église sont eux aussi souvent tombés dans les mêmes contradictions que les prêtres et les anciens d’Israël, considérant l’adhésion à l’Église comme la seule voie du salut et imposant aux croyants des doctrines et des pratiques qui ne sont pas toujours conformes à l’enseignement de Jésus.

C’est ce que Paul voulait éviter lorsqu’il exhortait les Philippiens, dans le passage de la lettre aux Philippiens repris par la liturgie de ce dimanche, à mettre à profit tout ce qui est vrai, noble, juste, pur, aimable, honorable, en un mot tout ce qui est vertu et mérite d’être loué, où qu’on le trouve.

C’est à cette directive que le pape François faisait allusion lorsqu’il exhortait, dans son message pour la Journée mondiale des missions 2025, les chrétiens à être « des missionnaires d’espérance parmi les peuples » et à ne pas se cantonner à des attitudes fermées ou repliées sur elles-mêmes, mais à annoncer l’Évangile en renouant avec des dynamiques de proximité fraternelle, de compassion et de service. De nombreux missionnaires ont surmonté la tentation à laquelle le Pape fait allusion lorsqu’ils se sont retrouvés au milieu de populations non chrétiennes, pour lesquelles le fait d’être prêtres ne leur conférait aucun privilège et où les schémas et les structures des Églises anciennes n’étaient plus applicables. Leur expérience a certainement contribué à ce que nous ne concevions pas l’Église comme la seule arche de salut, mais comme une communauté de frères et sœurs au service de la paix véritable et d’un progrès partagé et solidaire.

Pape Léon XIV, basilique San Pietro in Ciel d’Oro (Pavia), 20 juin 2026

[…] Comment pouvons-nous aujourd’hui, […] être une Église vivante ?

La première indication de l’Apôtre est essentielle : demeurer unis au Christ, pierre vivante rejetée par les hommes mais choisie par Dieu. Le Christ est le fondement de l’édifice spirituel ; il est la pierre angulaire sur laquelle repose notre chemin ecclésial, notre action pastorale et notre évangélisation (cf. vv. 4-5).

Être construits et construire en Christ nous préserve du risque de nous disperser dans des activités secondaires, même bonnes, mais qui ne touchent pas l’essentiel. Certes, nous sommes appelés à être réalistes et nous savons que dans les communautés paroissiales et dans la vie d’un diocèse, les urgences et les engagements sont nombreux et exigent une présence et de multiples activités. Mais il s’agit toujours de ramener tout au centre, de construire toujours à partir de la pierre angulaire, d’empêcher que nos actions soient dispersives, centrées uniquement sur nous-mêmes ou sur nos efforts. Étant donné que le centre est le Christ, nous puisons tous à cette unique source et nous soumettons notre action au discernement qui vient de sa lumière et de sa Parole. C’est ainsi que nous faisons croître une Église dans laquelle on marche ensemble, capable de se renouveler sans se diviser, où tous se reconnaissent frères et travaillent avec joie au service du Royaume de Dieu. […]

Pape Léon XIV, Angélus, place Saint-Pierre, 29 juin 2025

[…] La pierre, dont Pierre tire son nom, c’est le Christ. Une pierre rejetée par les hommes et que Dieu a faite pierre angulaire. Cette place et les basiliques papales Saint-Pierre et Saint-Paul nous racontent comment ce renversement se poursuit sans cesse. Elles se trouvent à la périphérie de la ville d’autrefois, « hors les murs », comme on dit encore aujourd’hui. Ce qui nous semble grand et glorieux a d’abord été rejeté et expulsé, parce que contraire à la mentalité mondaine. Ceux qui suivent Jésus se trouvent sur le chemin des Béatitudes, où la pauvreté d’esprit, la douceur, la miséricorde, la faim et la soif de justice, l’œuvre pour la paix rencontrent l’opposition et même la persécution. Et pourtant, la gloire de Dieu brille dans ses amis et, tout au long du chemin, elle les façonne, de conversion en conversion.

Sur les tombes des Apôtres, destination millénaire des pèlerins, nous découvrons nous aussi que nous pouvons vivre de conversion en conversion. Le Nouveau Testament ne cache pas les erreurs, les contradictions, les péchés de ceux que nous vénérons comme les plus grands Apôtres. Leur grandeur, en effet, a été façonnée par le pardon. Le Ressuscité est allé les chercher, plus d’une fois, pour les remettre sur son chemin. Jésus n’appelle jamais une seule fois. C’est pourquoi nous pouvons toujours espérer. […]

Pape François, Angélus, place Saint-Pierre, 8 octobre 2017

La liturgie de ce dimanche nous propose la parabole des vignerons auxquels le propriétaire confie la vigne qu’il a plantée et puis il s’en va (cf. Mt 21, 33-43). Ainsi, la loyauté de ces vignerons est mise à l’épreuve : la vigne leur est confiée, ils doivent la garder, la faire fructifier et remettre la récolte au propriétaire. Une fois arrivé le temps de la vendange, le propriétaire envoie ses serviteurs recueillir les fruits. Mais les vignerons adoptent une attitude possessive : ils ne se considèrent pas comme de simples gérants, mais comme des propriétaires et ils refusent de remettre la récolte. Ils maltraitent les serviteurs au point de les tuer. Le propriétaire se montre patient envers eux : il envoie d’autres serviteurs, plus nombreux que les premiers, mais le résultat est le même. A la fin, avec sa patience, il décide d’envoyer son propre fils, mais ces vignerons, prisonniers de leur comportement possessif, tuent également le fils, en pensant qu’ainsi, ils auraient eu l’héritage.

Ce récit illustre de façon allégorique les reproches que les prophètes avaient faits à propos de l’histoire d’Israël. C’est une histoire qui nous appartient : on y parle de l’alliance que Dieu a voulu établir avec l’humanité et à laquelle il nous a appelés nous aussi à participer. Mais cette histoire d’alliance, comme toute histoire d’amour, connaît ses moments positifs, mais elle est marquée également par des trahisons et des refus. Pour faire comprendre comment Dieu le Père répond aux refus opposés à son amour et à sa proposition d’alliance, le passage évangélique place sur les lèvres du propriétaire de la vigne une question : «Lors donc que viendra le maître de la vigne, que fera-t-il à ces vignerons-là?» (v. 40). Cette question souligne que la déception de Dieu face au mauvais comportement des hommes n’est pas le dernier mot ! Telle est la grande nouveauté du christianisme : un Dieu qui, même déçu par nos erreurs et par nos péchés, ne manque pas à sa parole, ne se ferme pas, et surtout ne se venge pas ! […]

L’urgence de répondre avec des fruits de bien à l’appel du Seigneur, qui nous appelle à devenir sa vigne, nous aide à comprendre ce qu’il y a de nouveau et d’original dans la foi chrétienne. Elle n’est pas tant une somme de préceptes et de normes morales, mais elle est avant tout une proposition d’amour que Dieu, à travers Jésus, a faite et continue de faire à l’humanité. C’est une invitation à entrer dans cette histoire d’amour, en devenant une vigne vivace et ouverte, riche de fruits et d’espérance pour tous. […]

Pape François, Angélus, place Saint-Pierre, dimanche, 4 octobre 2020

[…] L’image de la vigne est claire : elle représente le peuple que le Seigneur a choisi et a formé avec tant de soin; les serviteurs envoyés par le maître sont les prophètes, envoyés par Dieu, tandis que le fils est la figure de Jésus. Et de même que les prophètes furent rejetés, ainsi, le Christ lui aussi a été rejeté et tué.

Au terme du récit, Jésus demande aux chefs du peuple : « Lors donc que viendra le maître de la vigne, que fera-t-il à ces vignerons-là ? » (v. 40). Et eux, pris par la logique du récit, prononcent eux-mêmes leur propre condamnation : le maître – disent-ils – punira sévèrement ces méchants et il confiera la vigne « à d’autres vignerons, qui lui en livreront les fruits en leur temps » (v. 41).

À travers cette parabole très dure, Jésus place ses interlocuteurs face à leurs responsabilités, et il le fait avec une extrême clarté. Mais ne pensons pas que cet avertissement ne vale que pour ceux qui rejetèrent alors Jésus. Elle vaut pour tous les temps, le nôtre aussi. De même, aujourd’hui, Dieu attend les fruits de sa vigne de la part de ceux qu’il a envoyés y travailler. Nous tous.

À toute époque, ceux qui ont autorité, toute autorité, même dans l’Eglise, sur le peuple de Dieu, peuvent être tentés de penser à leurs propres intérêts, au lieu de ceux de Dieu lui-même. Et Jésus dit que la véritable autorité est quand on accomplit un service, elle réside dans le service, pas dans l’exploitation des autres. La vigne appartient au Seigneur, pas à nous. L’autorité est un service, et en tant que tel, elle doit être exercée, pour le bien de tous et pour la diffusion de l’Evangile. Il n’est pas bon de voir dans l’Eglise des personnes qui ont de l’autorité rechercher leurs propres intérêts.

 

 

 

 

(Photo: Pexels.com / Ivan S.)

 

Partager sur les médias sociaux:
Partager sur les médias sociaux:

Infolettre

Abonnez-vous à notre infolettre pour recevoir les toutes dernières nouvelles de nos oeuvres! Billets de blogue, nouvelles, vidéos et contenus exclusifs vous attendent à chaque mois!

Le Pape compte sur votre engagement

Contribuez au développement de l'Église en terre de mission, et apportez l'espoir du Christ.

Faire un don